Malgré un froid glacial de -20°C, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Minneapolis vendredi, exprimant leur colère contre les actions de l'Agence de contrôle des frontières et de l'immigration (ICE). Cet engouement est en grande partie suscité par l'arrestation d'un garçon de 5 ans par les autorités immigratoires.
Au cœur de la ville, les participants brandissaient des bannières réclamant l'abolition d'ICE, et exprimant leur solidarité avec les familles migrantes. Parmi les événements, un rassemblement s'est aussi tenu dans une salle de sport de la NBA, attirant l'attention sur la situation dramatique des immigrants.
D'autres actions ont eu lieu autour des bureaux d'ICE et à l'aéroport international de Minneapolis-Saint-Paul, d'où sont souvent expédiés les migrants vers des centres de rétention. Selon des informations locales, une centaine de membres du clergé ont été arrêtés alors qu'ils participaient au mouvement.
En réponse au mot d'ordre "Pas de travail. Pas d'école. Pas de shopping", de nombreux commerces et institutions culturelles ont fermé leurs portes en soutien aux manifestants.
Ce mouvement de protestation fait écho à des tragédies récentes, telles que la mort de Renee Good, abattue par un agent d'ICE début janvier, et la détention de Liam Ramos, ce garçon de 5 ans, depuis mardi dernier. Une photo frappante du jeune enfant, visiblement terrifié, a fait le tour des réseaux sociaux, intensifiant la indignation sociale.
Les versions des événements divergent cependant. Selon le vice-président JD Vance, l'enfant a été arrêté devant son domicile après que son père, en situation irrégulière, a tenté de fuir. Marcos Charles, un responsable d'ICE, a affirmé qu'il n'était pas leur intention de viser l'enfant.
De son côté, Zena Stenvik, directrice d'un réseau scolaire, a accusé les autorités de détourner l'enfant comme "appât". Elle soutient qu'un autre adulte présent dans la maison a supplié les agents de le laisser s'occuper de Liam, mais sa demande a été ignorée.
Charles a ajouté que les agents avaient veillé à ce que l'enfant soit nourri et à l'aise, et qu'il avait été placé dans un "centre résidentiel familial" en attendant la suite des procédures d'immigration. Selon plusieurs médias, leur emplacement serait au Texas.
Marc Prokosch, l'avocat de la famille, a affirmé que celle-ci avait toujours respecté les demandes des autorités tout au long de leur parcours d'immigration.
L'incident a suscité la réaction du Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, qui a exprimé sa consternation face aux traitements infligés aux migrants aux États-Unis, exhortant le gouvernement de Biden à cesser les pratiques qui déchire des familles entières.
La communauté locale, emmenée par des élus démocrates, s'insurge contre les déclarations des autorités concernant la légitimité de la défense dans l'affaire de Renee Good. D'après des chiffres récents, plus de 10 000 étrangers, dont plusieurs mineurs, ont été interceptés dans le Minnesota ces derniers mois, alors que l’État, soutenu par certaines administrations, cherche à limiter la coopération avec ICE dans un contexte de tensions croissantes autour des droits des migrants.
Une audience judiciaire prévue pour ce lundi pourrait modifier la toute-puissance d'ICE dans certaines zones considérées comme des "sanctuaires".







