Des affrontements violents ont éclaté samedi soir à Tirana entre la police albanaise et des milliers de manifestants de l'opposition, exaspérés par les accusations de corruption visant le Premier ministre Edi Rama, comme l'a rapporté l'Agence France-Presse (AFP).
Les manifestants, rassemblés à l’appel de Sali Berisha, ancien Premier ministre et leader du Parti démocrate, ont répondu à son appel pour renverser le gouvernement en exigeant des élections anticipées. Berisha a déclaré à ses partisans : « s’unir pour renverser ce gouvernement et installer un gouvernement technique chargé de préparer des élections anticipées, libres et équitables ».
Après des discours enflammés, certains manifestants ont lancé des cocktails Molotov, provoquant une réponse musclée de la police avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la foule. Les tensions ont encore augmenté lorsque des groupes ont tenté de breacher le cordon policier autour du Parlement, exchangeant pierres et cocktails Molotov avec les forces de l'ordre.
Le bilan fait état d'au moins dix policiers légèrement blessés et de 25 manifestants arrêtés, selon Berisha. Ces événements illustrent une politique albanaise souvent marquée par des attaques virulentes et des accusations réciproques entre partis.
« Le dernier kilomètre avant la fin du régime d’Edi Rama »
Berisha a exprimé toute sa détermination, affirmant : « C’est le dernier kilomètre avant la fin du régime d’Edi Rama ». La politicité albanaise semble se polariser autour de ces manifestations, alimentées par des allégations de corruption qui touchent autant les membres de la gauche que de la droite.
Récemment, Belinda Balluku, vice-Première ministre, a été suspendue par un tribunal anticorruption en raison de son implication présumée dans un scandale de marchés publics. Elle a nié les accusations, tout comme le Premier ministre, qui a décrit la situation comme un « acte brutal d’ingérence ».
La situation pourrait encore évoluer, la Cour constitutionnelle ayant temporairement rétabli Mme Balluku dans ses fonctions. Une commission parlementaire va examiner une demande de levée de son immunité, qui serait prerequisite à une éventuelle arrestation.
La tension politique est palpable, et d'autres figures politiques, y compris Erion Veliaj, maire de Tirana, et Ilir Meta, ancien président, ont été arrêtés pour des accusations similaires. Le climat d’appréhension et de méfiance envers le gouvernement d’Edi Rama ne cesse de croître dans la société albanaise.







