Alors que Téhéran a récemment désigné les armées européennes comme des entités terroristes, le président Emmanuel Macron a répondu ce mardi à la diffusion d'une photo aérienne mettant en évidence une base militaire où sont stationnés des soldats américains et français. Cette image, relayée par l'agence de presse iranienne Fars, proche des Gardiens de la Révolution, suscite de nombreuses interrogations.
La photo en question montre la base d'Al Dhafra, située à environ quarante kilomètres d'Abou Dhabi. Si ce site abrite majoritairement des forces émiraties, il est également le théatre d'une base aérienne française, comme l'a précisé le ministère des Armées. L'agence Fars a publié cette image sans fournir de contexte, alors que l'Iran a sans réserve classé les armées européennes parmi les groupes terroristes, suite à la décision de l'Union européenne de mettre les Gardiens de la Révolution sur sa liste d'organisations terroristes le 1er février.
La France reste vigilante
Lors d'un point presse à Vesoul, Emmanuel Macron a déclaré : "Nous sommes évidemment très vigilants." Il a souligné que les forces françaises stationnées dans la région bénéficient d'une sécurité renforcée. Le président a également mentionné que la France a évalué la situation en se concertant avec plusieurs alliés et partenaires au cours des derniers jours.
Les troupes déployées sont destinées à des missions de lutte contre le terrorisme et de formation des armées des pays partenaires locaux. Macron a précisé : "Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir que nos soldats soient en sécurité dans ces zones sensibles," se référant à sa visite récente aux Émirats.
Notons que le détroit de Hormuz sépare l'Iran des Émirats. Abou Dhabi a exprimé son intention de ne pas permettre que son espace soit utilisé à des fins militaires contre Téhéran.
Tensions régionales croissantes
Les États-Unis, quant à eux, maintiennent une forte présence militaire dans la région avec quatre navires de lutte antimines à Bahreïn et plusieurs avions stationnés à Al Dhafra et Al Udeid au Qatar. Les récentes menaces d'Iran semblent surtout s'adresser aux forces américaines. La pression internationale sur Téhéran s’intensifie depuis qu’un mouvement de protestation a été durement réprimé par les autorités en janvier, faisant suite à des manifestations contre la vie chère.
Macron a déclaré : "La responsabilité de l'Iran aujourd'hui, c'est d'abord de respecter son peuple face aux révoltes qui s'annoncent." Concernant un éventuel dialogue entre Téhéran et Washington, il a affirmé qu'aucune négociation formelle n'était en cours, tout en soutenant l'idée de discussions sur les sujets en question.







