Quatre de nos lecteurs examinent les insuffisances et décalages de notre démocratie. Ce constat pourrait être le point de départ d'une rénovation de nos institutions républicaines.
Thierry Deschamps, de Pouillé (Loir-et-Cher) : « Un inquiétant phénomène se dessine sur les chaînes d’information : 300 chefs d'entreprise envisagent l’exil fiscal vers des pays plus cléments. Ces patrons, souvent parmi les plus fortunés, semblent indifférents aux efforts financiers nécessaires pour redresser notre pays. Certains vont jusqu'à déclarer, comme le président du Medef, que le travail doit être récompensé, mais uniquement au travers d’exonérations fiscales. Dans cette logique, des mesures comme la taxe Zucman sont jugées inacceptables. Nous attendons des propositions constructives de leur part. »
À la recherche d'un homme d'État
Jean-Pierre Lautman, de Saint-Avertin (Indre-et-Loire) : « Je soutiens sans réserve la suggestion formulée dans la NR du 18 octobre par Daniel Teillay, qui propose de supprimer l'élection présidentielle. Le pouvoir exécutif, tel qu'il a été conçu par le général de Gaulle en 1958, a trop souvent conduit à une domination du président sur les autres institutions. »
« L'histoire s’est répété : ce président, comme d’autres avant lui, a vu sa légitimité éroder au fil du temps, transformant le rêve de 2017 en désillusion. Le raccourcissement du mandat présidentiel, passé de sept à cinq ans, n’a pas été bénéfique et contribue à la crise institutionnelle actuelle. »
« Il est crucial de revitaliser notre démocratie en redonnant au Parlement son rôle central. La Constitution de 1958 a été conçue pour un homme d'État, pas un politicien opportuniste. Cette multitude de candidats qui se pressent sur la ligne de départ n'est pas le signe d'une démocratie florissante, mais peut évoquer une perversion des valeurs fondamentales. »
Pour une nouvelle Constitution
Jacques N., du Loir-et-Cher : « Je suis convaincu que la Vème République a épuisé son potentiel. Il est impératif de changer notre Constitution pour mieux adapter nos institutions aux défis contemporains. La désillusion du peuple face aux promesses non tenues des politiques a amplifié le cynisme et l’abstention. »
« Dans ce contexte, les partis modérés s’étiolent tandis que les extrêmes gagnent du terrain. L’Assemblée nationale, marquée par des conflits internes, ne parvient plus à inspirer confiance. Le risque est grand si nous continuons à ignorer signaux d’alarme. »
Paresse et égoïsme démocratique
Jacques Touret, d’Availles-en-Châtellerault (Vienne) : « Les épreuves de la démocratie sont nombreuses, mais les renoncements le sont tout autant. Trop souvent, la démocratie est perçue comme un bien acquis, négligé dans les moments de prospérité. L’illusion d’une simplicité des problèmes attire ceux qui promettent des solutions miracles, sans tenir compte des responsabilités civiques de chacun. »
« Cette complaisance contribue à l'apathie politique où le citoyen se désengage même au sein des partis. Nous avons négligé les fondements de notre système démocratique, laissant la porte ouverte à des dérives inquiétantes. »
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