Invité sur RTL, Joann Sfar a partagé ses réflexions suite à la parution de "Terre de sang, le temps du désespoir", un ouvrage qui clôt sa trilogie commencée après les événements tragiques du 7 octobre. À travers ses mots, l’auteur de "Le Chat du Rabbin" s’efforce de faire entendre des voix tant israéliennes que palestiniennes, en mettant l'accent sur l'humanité des individus, loin des discours idéologiques stériles. À une époque où la haine monte et où la politique semble sombrer dans l'impasse, Sfar défend le dessin comme un vecteur essentiel d'empathie.
Après "Nous vivrons" et "Que faire des Juifs ?", Joann Sfar a souhaité clore cette trilogie, qu’il qualifie de réponse à un monde en profonde mutation, tant au Proche-Orient qu’en France. "Le monde a beaucoup changé", souligne-t-il.
Les récentes attaques ont incité l’auteur à mener une série de reportages, débutant par la collecte des voix israéliennes. Suite à des critiques concernant le manque de représentation arabe, il s'est dirigé vers Naplouse, Ramallah et même des villages bédouins de Cisjordanie. "Je m’assieds face aux gens et je les laisse parler", raconte-t-il. Ce qui l’a profondément marqué, c’est la découverte de points communs dans leur désespoir, révélant une universalité des souffrances.
Durant son séjour à l’université de Naplouse, il a rencontré divers étudiants, tandis qu’à Ramallah, un producteur palestinien lui a fait penser à son propre père.
Ça a l’air futile, mais je cherche des lieux d’empathie pour éviter la déshumanisation dans les deux.
Joann Sfar
Au cœur d’une ferme de Masafer Yatta, un Bédouin lui a montré les violences subies par les adolescents de son village, faute de vidéo. Sfar a alors choisi de traduire ces gestes en dessin, préférant apporter une vision moins choquante que celle d’un document audiovisuel. "J’ai dessiné un type en survêtement faisant des gestes. Le lecteur sera peut-être plus réceptif à cela qu'à une vidéo horrifiante", remarque-t-il.







