Roxbury, petite commune républicaine du New Jersey, réputée pour ses lacs et son calme, se transforme en épicentre de la contestation. Un projet visant à convertir un entrepôt commercial en centre de détention pour migrants suscite des réactions vives parmi ses résidents.
Lakhèmes d'arrestations, en lien avec la politique d'expulsions massives de l'ère Trump, ont accru la demande d'espaces de rétention, poussant le gouvernement à envisager des sites vacants à travers le pays. Le bâtiment ciblé à Roxbury s'étend sur près de 46.000 mètres carrés, avec plusieurs quais pour camions. Selon William Angus, un citoyen engagé dans la lutte, "C'est un entrepôt. Il est conçu pour stocker des colis et des marchandises, pas des êtres humains", a-t-il déclaré à l'AFP.
L'Immigration and Customs Enforcement (ICE), l'agence en charge du renforcement des mesures d'expulsion, a récemment acquis ou loué au moins huit installations similaires, s'étendant du Texas à la Pennsylvanie. Bien que parfois contrainte de faire marche arrière face à des protestations publiques, l'agence continue de chercher des solutions pour sa stratégie d'immigration.
Pour faire entendre leur voix, environ 500 habitants se sont rassemblés à Roxbury, brandissant des affiches proclamant "Pas une ville-prison" et "ICE hors de notre quartier". Des évènements tragiques, comme la mort de deux Américains à Minneapolis, menés par des agents fédéraux, ont exacerbé les tensions et nourri l'indignation face à la politique migratoire actuelle.
"Je ne veux pas de camps de concentration inhumains dans mon pays, encore moins ici, dans le New Jersey", a souligné Heidi, une infirmière de 50 ans qui préfère garder l'anonymat. En réponse à cette vague d'opposition, le conseil municipal entièrement républicain a adopté une résolution symbolique contre le projet.
Des automobilistes klaxonnent en soutien lors des manifestations, tandis que certains expriment des opinions contraires, clamant "Rentrez chez vous!" Dans un Walmart proche, des résidents partagent d'autres sentiments, comme Gordon Taylor, ancien directeur d'usine, qui considère le projet comme une opportunité de "remettre de l'ordre dans cette région".
Les faits sont détonants : le nombre de centres de détention pour migrants a presque doublé sous l'administration Trump, atteignant 218 en novembre, d'après l'association American Immigration Council. Nayna Gupta, sa directrice des politiques publiques, affirme que des entrepôts ne peuvent être adaptés pour des détenus : "Le gouvernement Trump traite les gens comme des colis", dénonce-t-elle.
L'absence de soutien public à cette initiative semble se confirmer, les élus de tous bords devant faire face à l'opposition croissante dans leurs circonscriptions. Malgré tout, les moyens d'empêcher l'ICE d'acquérir ces lieux privés restent limités.
À Roxbury, l'angoisse grandit quant à une intensification des contrôles et interpellations, impactant la communauté. Pablo Arceo, jeune employé d'un restaurant mexicain, a exprimé ses craintes. "Aujourd'hui, même si vous avez vos papiers, tout peut arriver", a-t-il conclu.







