La première réunion du "Conseil de paix" de Donald Trump, prévue ce jeudi à Washington, ne verra pas la participation des pays membres de l'Union européenne, à l'exception de la Hongrie et de la Roumanie. Une commissaire européenne représentera néanmoins l'UE sans que celle-ci n'adhère à cette instance controversée.
Le 19 février, la légitimité de ce forum sera mise à l'épreuve. Tandis que plusieurs États ont confirmé leur présence, d'autres critiquent sévèrement ce nouvel organe international. Destiné, à l'origine, à superviser la reconstruction de la bande de Gaza après le conflit, le Conseil vise désormais des objectifs plus larges, à savoir la résolution des conflits armés à l'échelle mondiale.
La charte fondatrice de cette institution a été signée le 22 janvier dernier au Forum économique mondial de Davos, avec une vingtaine de pays parmi les invités. Examinée de manière critique, sa formulation contient des points qui suscitent des réticences, notamment des critiques voilées à l'égard des Nations unies. "Le Conseil de paix doit avoir le courage de s'éloigner des méthodes qui ont souvent échoué", indique le document. Intriguant, ce texte omet de mentionner la situation à Gaza, ce qui a provoqué des réactions mitigées parmi certains dirigeants.
Tout pays souhaitant un siège permanent devra débourser la somme conséquente d'un milliard de dollars, soulevant des préoccupations quant à la commodité d'une telle exigence. Des voix sceptiques s'interrogent sur l'impact de ce conseil, dont certains l'assimilent à une version "payante" du Conseil de sécurité de l'ONU. Toutefois, un responsable américain a clarifié que cette somme ne serait exigée que pour un mandat permanent, promettant des mesures strictes de contrôle financier.
Un soutien étonnant : Viktor Orban présent
Malgré le boycott majoritaire des grandes puissances européennes, la Hongrie, qui a ratifié la charte, sera représentée par son dirigeant, Viktor Orban. Proche de l'administration Trump, celui-ci a souvent partagé des positions similaires avec le président américain, notamment en matière de politique migratoire adoptée après la crise des réfugiés. Cette position est partagée par d'autres dirigeants comme le président argentin Javier Milei.
La Roumanie, représentée par son président Nicosur Dan, participera en tant qu'observateur pour soutenir les efforts de réconciliation au Moyen-Orient. Cette décision a été saluée pour son intention de participer à la reconstruction de Gaza. Edi Rama, Premier ministre de l'Albanie, a également annoncé qu'il assisterait sans toutefois payer pour un statut permanent au sein du Conseil.
Emmanuel Macron et d'autres grands absents
En revanche, des pays tels que la France, représentée par Emmanuel Macron, ainsi que le Royaume-Uni, ont décliné l'invitation. Chacun a exprimé sa volonté de renforcer le rôle des Nations unies. Macron, aux côtés du président brésilien Lula, a plaidé pour le multilatéralisme, alors que le Royaume-Uni a préféré conserver ses distances avec cette initiative américaine.
Les absences notables renforcent les interrogations sur la légitimité de ce nouveau Conseil, dont la première réunion se tiendra en présence de leaders comme le président vietnamien To Lam, et le dirigeant indonésien, qui voient une opportunité de rédresser la paix au Moyen-Orient.
Enfin, l'invitation envoyée à Vladimir Poutine, en dépit des tensions internationales liées à l'Ukraine, soulève des débats. Si Poutine a été invité, Moscou a seulement indiqué qu'il "étudie" la proposition.







