Islamabad a annoncé, ce dimanche 22 février, avoir mené des opérations aériennes « sélectives » contre des groupes armés sur le sol afghan, en réponse à une série d'attaques ayant frappé le Pakistan, y compris un attentat mortel dans une mosquée à Islamabad.
Les frappes, qui ont été largement décrites comme les plus significatives depuis de violents affrontements en octobre dernier, se sont concentrées sur des zones près de la frontière afghane et ont causé des pertes civiles, avec des rapports indiquant des dizaines de victimes, y compris des enfants, dans les provinces de Nangarhar et Paktika.
Le gouvernement pakistanais a justifié ces bombardements par des « attentats-suicides récents », soulignant l'attaque de janvier revendiquée par l'État islamique (EI) qui a tué 40 personnes dans une mosquée chiite à Islamabad, l'une des plus dévastatrices depuis la tragédie de l'hôtel Marriott en 2008.
Dans un communiqué, le ministère de l'Information pakistanais a précisé que l'armée ciblait des camps de la Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP) et d'autres groupes militants. Cependant, le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a accusé le Pakistan de bombarder des civils, ajoutant que ces actions sont des tentatives désespérées de compenser des faiblesses sécuritaires.
Des témoins sur le terrain rapportent que le district de Bihsud, à Nangarhar, a été particulièrement touché, où des efforts de secours ont été entravés par les décombres, avec des enfants parmi les victimes. Une source sécuritaire afghane a indiqué que 12 enfants figuraient parmi les 17 personnes décédées sur le site d'une frappe aérienne.
Les relations entre le Pakistan et l'Afghanistan, historiquement complexes, se sont considérablement dégradées depuis que les talibans ont pris le contrôle de Kaboul en août 2021. Le Pakistan accuse régulièrement son voisin d'abriter des militants, tandis qu'Islamabad fait face à des critiques pour sa gestion des groupes armés.
Appel à l'action internationale
En répercutant l'escalade, le Pakistan a exprimé le besoin d'une pression internationale sur Kaboul, soulignant que, malgré les avertissements répétés concernant les groupes militants opérant depuis l'Afghanistan, aucune action significative n'a été entreprise par les autorités talibanes.
De plus, la situation à la frontière demeure tendue. Face à une fermeture presque totale de la frontière depuis octobre dernier, les échanges commerciaux ont été gravement affectés, isolant ainsi des communautés qui dépendent d'une circulation fluide.
Un rapport de la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) a récemment indiqué que les violences entre les deux nations avaient fait 70 civils tués et 478 blessés depuis la mi-octobre, soulignant que ces chiffres dépassent les moyennes annuelles des victimes civiles observées depuis 2011.
Avec AFP







