Ce week-end, Islamabad a déclaré avoir lancé des attaques ciblées, faisant état de dizaines de victimes, y compris des enfants, suite à des attentats-suicides sur son territoire. Ces frappes représentent les opérations les plus significatives depuis des affrontements meurtriers survenus entre les deux pays en octobre dernier.
Le gouvernement pakistanais a justifié ces opérations par une série d'attentats récents, notamment l'une des attaques les plus dévastatrices qui a eu lieu dans une mosquée d'Islamabad, causant la mort de 40 personnes. Selon le ministère de l'Information, des frappes ont ciblé sept camps liés aux talibans pakistanais (TTP) et un groupe associé à l'État islamique, bien que l'emplacement des frappes n'ait pas été précisé.
Du côté afghan, le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, a dénoncé de tels bombardements, affirmant qu'ils touchent des civils dans les provinces de Nangarhar et de Paktika, engendrant des pertes très inquiétantes, dont plusieurs enfants. Un représentant de l'armée afghane a décrit des scènes tragiques, avec des corps retrouvés sous des décombres. 'Les habitants de la région sont des gens ordinaires', a déclaré Amin Gul Amin, un résident de 37 ans, qui a assisté à l'angoisse de ses voisins. 'C'est désolant de voir cette violence dans un lieu où tant de vies innocentes sont en jeu.'
Des actes de guerre selon des observateurs
Des experts en sécurité, tels que le professeur de sciences politiques à l'Université de Kaboul, estiment que ces frappes illustrent les tensions croissantes entre les deux nations. 'La stratégie pakistanaise semble viser à affirmer sa puissance régionale, mais cela n'améliore certainement pas la sécurité ni la paix,' explique-t-il.
Les services de renseignement pakistanais ont affirmé qu'ils avaient des preuves d'opérations militantes allant de l'autre côté de la frontière, accusations que le gouvernement afghan conteste vigoureusement. 'Nous ne soutenons pas ces groupes et n'encourageons aucune forme de violence,' a précisé un représentant du ministère afghan de la Défense.
Une frontière désormais fermée
La situation empêche des milliers de personnes de traverser, affectant gravement les échanges commerciaux entre les deux pays. Selon un rapport des Nations Unies, les actions des forces pakistanaises ont causé la mort de 70 civils afghans au cours des derniers mois. L'ONU a signalé que le nombre de victimes civiles a atteint des sommets jamais vus depuis 2011 lors d'affrontements transfrontaliers.
Suite à ces événements tragiques, le Pakistan a appelé la communauté internationale à exercer une pression sur le gouvernement taliban afghan pour assurer un meilleur contrôle sur les groupes militants. 'La sécurité de nos citoyens est notre priorité,' a réaffirmé un officier supérieur du gouvernement pakistanais.







