Un magistrat fédéral basé à Boston a décidé le 25 février d’invalider la politique controversée instaurée par l'administration Trump, qui permettait d'expulser des immigrés vers des pays tiers. Ce jugement, émis par le juge Brian Murphy, met en lumière des préoccupations fondamentales concernant les droits humains en matière d’immigration.
La décision de Murphy est suspendue pendant 15 jours, le temps que l'administration puisse faire appel. Dans sa déclaration, il a dénoncé les "mensonges" du gouvernement et a soulevé des questions cruciales sur le risque d'expulsion vers des destinations où les individus pourraient être persécutés ou maltraités.
Le juge avait précédemment bloqué, en mars dernier, des expulsions d’immigrés d'origine asiatique vers la Libye. En avril, il a également suspendu des expulsions vers le Soudan du Sud, arguant que les personnes concernées devaient être informées et avoir un délai suffisant pour contester ces décisions.
Le risque de torture en question
Les nouvelles directives du ministère de la Sécurité intérieure, jugées "illégales" par Murphy, autorisent ces expulsions à condition que les pays accueillant les immigrés fournissent des garanties contre la persécution ou la torture. Cependant, comme il le souligne dans son jugement, ce processus manque cruellement de transparence et de mise en œuvre.
"Le gouvernement a à plusieurs reprises ignoré les décisions de ce tribunal", a-t-il déclaré, faisant écho aux préoccupations d’autres juges sur la manière dont l'administration Trump a géré les cas d'immigration. Il a aussi évoqué les "mensonges" du gouvernement au sujet des risques encourus par des plaignants, notamment une personne qui a été forcée d'aller au Mexique après avoir demandé protection.
Dans un contexte où l’administration Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, son programme d'expulsions massives a été freiné par de nombreuses décisions judiciaires, y compris celles de la Cour suprême, qui ont reconnu le droit des immigrés à se défendre. Cette décision récente pourrait ainsi marquer un tournant significatif dans le débat sur l’immigration aux États-Unis.







