La décision récente du Sénat américain est incontestablement perçue comme une victoire pour Donald Trump. En effet, lors d'un vote tenu mercredi, les sénateurs ont choisi de rejeter une résolution démocrate visant à limiter les pouvoirs militaires du président américain dans le cadre du conflit en cours avec l'Iran. Le texte présenté par le sénateur Tim Kaine a été repoussé avec un score de 53 contre 47, la majorité républicaine ayant affirmé son soutien aux opérations américano-israéliennes.Néanmoins, le vote a révélé des dissensions au sein des deux partis, avec le démocrate John Fetterman exprimant son soutien à l'initiative militaire et le républicain Rand Paul optant pour la résolution.
Proposée à la fin du mois de janvier, avant le début des hostilités, la résolution demandait le retrait des forces armées américaines des opérations contre l'Iran non autorisées par le Congrès. Selon Tim Kaine et plusieurs autres élus démocrates, cette initiative visait à réaffirmation du rôle constitutionnel du Congrès, qui seul est habilité à déclarer la guerre. "Les Américains attendent de Trump qu'il abaisse les prix, et non qu'il nous entraîne dans des guerres interminables", a déclaré le sénateur, critiquant ce qu'il qualifie d’« engagement illégal » par le président.
Un contexte tendu et des débats houleux
Le débat a montré les tensions autour des justifications fournies par la Maison-Blanche. Une loi de 1973 permet au président de lancer des actions militaires limitées sans obtenir l'accord du Congrès, en cas d'urgence. Trump avait récemment fait état d'une menace « imminente » de l'Iran pour justifier son intervention, mais Tim Kaine a révélé à l'AFP, suite à un briefing secret, qu’aucune preuve concrète de cette menace n'avait été fournie.
Une résolution semblable serait soumis dès jeudi à la Chambre des représentants, où un rejet est également prévu. D'ailleurs, le président républicain de la chambre basse, Mike Johnson, s’oppose fermement à cette initiative, qualifiant de "dangereux" le retrait des pouvoirs militaires de Trump. "Retirer ce pouvoir à notre commandant en chef serait une perspective alarmante", a-t-il affirmé au Capitole, exprimant sa conviction qu'il y a "suffisamment de voix pour rejeter cette mesure".







