Les États-Unis et Israël avancent un argument fort pour justifier leurs actions militaires : l'éventuelle capacité de l'Iran à se doter de l'arme nucléaire. Mais où en est réellement leur programme d'enrichissement ? Après les frappes sur le site de Natanz le 3 mars dernier, France Télévisions a décidé d'enquêter sur l'impact de ces attaques.
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Quel est l'état du programme nucléaire iranien après six jours de conflit ? Représente-t-il une menace imminente ? Un constat s'impose : l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'est plus présente sur le terrain pour réaliser des contrôles. Les inspecteurs ont quitté le pays depuis juin 2025 suite à des frappes israélo-américaines qui ont touché trois sites critiques : Ispahan, Natanz et Fordo.
Rappelons les propos alors tenus par le président américain, affirmant que : "Les installations nucléaires iraniennes ont été complètement anéanties." Des images satellites en témoignent, montrant une destruction significative. Cependant, un retour à l'urgence a récemment été souligné par Steve Witkoff, l'expert américain, alertant que "Ils sont probablement à une semaine d'obtenir les matériaux nécessaires à l'arme nucléaire."
Les mollahs étaient-ils effectivement à une semaine ou deux de l'acquisition d'une capacité nucléaire militaire ? Les avis des experts sont sans appel : "Non, il est peu probable que les Iraniens puissent disposer d'une arme nucléaire fonctionnelle dans un tel délai. Même en cas d'activités secrètes, cela ne conduirait pas à une arme opérationnelle si rapidement," affirme Héloïse Fayet, chercheuse au Centre des études de sécurité de l'Ifri.
La nécessité d'un accord
De nombreux sites nucléaires en Iran sont consacrés à des activités civiles, l'Iran niant toute volonté de développer un programme militaire. Pourtant, des mouvements suspects de matériel ont été signalés, notamment à Fordo, soulignant une possible intensification des efforts en matière d'enrichissement, principalement axée sur l'uranium enrichi à 60 %. Pour atteindre le seuil de la production d'un armement, un enrichissement à 90 % est nécessaire, nécessitant une infrastructure robuste. L'Iran posséderait encore 13 000 centrifugeuses, malgré les tentatives américaines de destruction de ces capacités avec des frappes ciblées. Mais, comme le souligne David Rigoulet-Roze, expert à l'Institut Français d'Analyse Stratégique : "Détruire des infrastructures ne met pas fin au savoir-faire acquis. Pour résoudre cette situation, un accord doit être trouvé."
Les récentes frappes ordonnées par Donald Trump visent de nouveau des installations nucléaires, notamment celle de Natanz, ce qui soulève d'importantes questions sur l'avenir géopolitique de la région et la véritable menace que représente le programme nucléaire iranien.







