Face à l'impossibilité de naviguer dans le détroit d'Ormuz, le président français a exhorté ce mercredi les autres pays à "éviter toute restriction aux exportations" afin de ne pas aggraver le déséquilibre sur les marchés.
Un ajustement massif de 400 millions de barils de pétrole a été décidé ce mercredi par les pays membres de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), avec la France à la manœuvre, dans l'espoir de maîtriser la flambée des tarifs.
Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, a indiqué qu'il s'agit du "plus important" déblocage dans l'histoire de l'agence, saluant cette décision collective prise "dans l'unité". Auparavant, des pays tels que le Japon et l'Allemagne avaient également officialisé des mesures similaires en exploitant leurs réserves stratégiques.
Ce déblocage vise à "temporairement compenser" la perte d’approvisionnement causée par la fermeture effective du détroit d'Ormuz, actuellement paralysé par le régime iranien suite à l'offensive militaire de la coalition américano-israélienne, lancée il y a plus d'une semaine. La tension militaire est à son paroxysme, puisque l'armée américaine a recommandé aux civils de s'éloigner des ports de cette région ce mercredi.
« Une zone de guerre »
À l'issue d'un sommet du G7, Emmanuel Macron a salué le déblocage des stocks, soulignant que cela équivaut à "20 jours de flux de transit" dans le détroit d'Ormuz. Il a cependant écarté toute possibilité de lever les sanctions sur les hydrocarbures russes.
Le détroit d'Ormuz est devenu une "zone de guerre", a-t-il déclaré, en insistant sur le fait que "plusieurs centaines de tankers et de porte-conteneurs" sont à l'arrêt dans cette voie maritime vitale. Il a cependant précisé ne pas avoir "la confirmation" du déploiement de mines, après que Donald Trump a évoqué cette menace.
Emmanuel Macron avait précédemment appelé à "éviter toute restriction" sur les exportations de pétrole et de gaz, soulignant que cela pourrait déstabiliser davantage le marché. Il a également suggéré à Donald Trump et aux autres dirigeants de "se coordonner" pour "rétablir la liberté de navigation" dès que cela serait possible.
En dépit de l'annonce de l'arrivée imminente des 400 millions de barils sur le marché, les prix du pétrole ont peu réagi ce mercredi. Après une légère baisse initiale suite à cette annonce qui avait déjà filtré dans les médias, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a ensuite connu une hausse de 3,51 % vers 15 heures GMT (16 heures à Paris), atteignant 90,88 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate, a augmenté de 3,38 %, atteignant 86,27 dollars. Ces deux références avaient initialement enregistré une hausse de plus de 5 % avant de connaître des fluctuations.







