Un tribunal en Azerbaïdjan a infligé une peine de dix ans de prison à Martin Ryan, un ressortissant français, reconnu coupable d'espionnage pour le compte de Paris. Cette décision prise ce lundi survient pendant une période déjà tendue entre la France et l'Azerbaïdjan, mais les relations se sont quelque peu refroidies depuis son arrestation en décembre 2023.
A l'audience dans la capitale bakou, Martin Ryan, un homme d'affaires vivant dans le pays depuis quatre ans, a été jugé aux côtés d'Azad Mamedli, un Azerbaïdjanais également inculpé de trahison, qui a reçu une peine de douze ans. Le parquet avait initialement demandé une peine de onze ans pour Ryan, mais le tribunal a tranché différemment.
Un espion parmi nous ?
Les accusations graves stipulent que Martin Ryan aurait été associé à des membres de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) française basés à l'ambassade en Azerbaïdjan, et qu’il aurait été chargé de recueillir des informations sur des points stratégiques comme la déclaration de Choucha de 2021, consolidant l'alliance entre l'Azerbaïdjan et la Turquie.
Aussi, selon les autorités locales, il aurait été impliqué dans des tentatives de recruter d'autres agents sur le sol azéri et en Russie, ce qu’il a nié avec véhémence. "Je ne suis pas un espion, j'ai essayé de le prouver tout au long du procès", a-t-il déclaré, affirmant n'avoir jamais cherché à nuire.
Diplomatie en crise
Les tensions diplomatiques s'accumulent, surtout après que la France s'est montrée critique vis-à-vis des récents agissements azerbaïdjanais concernant le Haut-Karabakh. Bakou a reproché à Paris son soutien à l'Arménie, tandis que Paris accuse l’Azerbaïdjan d’ingérence. Une amélioration des relations a été signalée récemment avec des contacts téléphoniques entre Emmanuel Macron et Ilham Aliev, mais une ombre reste plane suite à l'incarcération de Martin Ryan.
Les experts en géopolitique de la région, tels que ceux du Monde, estiment que cette affaire pourrait compliquer davantage une relation déjà fragile. La France, en réponse, a multiplié les mises en garde à destination de ses ressortissants, leur demandant d'éviter les déplacements en Azerbaïdjan, un pays jugé à risque.







