Le samedi 21 mars, des dizaines de milliers de citoyens se sont réunis à Prague pour manifester contre le gouvernement nationaliste dirigé par le milliardaire Andrej Babis. Ces manifestants, regroupés sous le mouvement indépendant « Un million de moments pour la démocratie », ont exprimé leur mécontentement concernant ce qu'ils qualifient d'« arrogance du pouvoir » et d'une gestion insuffisante des menaces posées par la Russie, particulièrement après l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Selon les organisateurs, au moins 200 000 personnes se seraient rassemblées au parc de Letna. Un chiffre difficile à vérifier indépendamment, comme l'indique l'Agence France-Presse (AFP). Ce rassemblement fait suite à plusieurs autres manifestations massives, dont celle de février dernier, qui avait déjà vu se mobiliser un grand nombre de Tchèques contre le gouvernement de Babis.
Andrej Babis, à la tête du pays depuis décembre 2024, contrôle un gouvernement tripartite composé de son parti ANO et de deux alliés eurosceptiques, le parti d'extrême droite SPD ainsi que La voix des automobilistes. Cette coalition est actuellement sous le feu des critiques, non seulement pour sa position sur la Russie, mais aussi pour son intention de contrôler les médias publics, ce qui inquiète les défenseurs de la démocratie.
Les organisateurs ont partagé sur les réseaux sociaux : « L’arrogance du pouvoir grandit, et les politiques extrémistes prennent notre pays en otage ». En outre, ils accusent Babis et Tomio Okamura, président du SPD, d'utiliser leurs immunités parlementaires pour s'extraire de poursuites pénales. Babis fait face à des accusations de fraude concernant des subventions européennes, tandis qu'Okamura est poursuivi pour incitation à la haine.
Refus de fournir une aide militaire à l’Ukraine
Parmi les manifestants, Anna Bittner a déclaré à l'AFP : « Je n’aime pas la façon dont le gouvernement se comporte, l’arrogance du pouvoir, et la façon dont il impose des normes morales complètement différentes ». Marek Perutka, un écologiste, a critiqué la politique étrangère en affirmant que le gouvernement tentait de les éloigner de l'UE au profit des intérêts russes.
De plus, le gouvernement a prévu de diminuer les dépenses militaires à moins de 2 % du PIB pour 2026, un niveau jugé insuffisant par l'OTAN.
Ce n'est pas la première fois que « Un million de moments pour la démocratie » organise une manifestation d'ampleur. En 2019, ils avaient rassemblé déjà plus de 200 000 manifestants appelant à la démission de Babis lors de son précédent mandat. En février, le mouvement avait aussi organisé une manifestation pour montrer son soutien au président pro-ukrainien Petr Pavel, ancien général de l'OTAN.







