L’islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné mercredi 25 mars 2026 à 18 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de Paris, qui l’a jugé par défaut et à huis clos pour des viols commis sur trois femmes.
Tariq Ramadan, figure de proue du discours islamique en Europe, a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour des accusations graves de viol et de viol sur personne vulnérable. Ce verdict, rendu par la cour criminelle de Paris, vient confirmer les réquisitions de l'avocat général, qui avait qualifié les faits d'une « extrême gravité ». La présidente, Corinne Goetzmann, a précisé que « consentir à la sexualité ne signifie pas consentir à tout acte sexuel », soulignant ainsi la délicatesse et la profondeur des violations commises.
En parallèle, la cour a ordonné une mesure de suivi socio-judiciaire de huit ans, interdisant à Ramadan d'entrer en contact avec les victimes et de publier quoi que ce soit lié à cette affaire. La cour a également prononcé une interdiction définitive du territoire français après l'exécution de sa peine.
« Le procès se termine comme il a commencé, à savoir une mascarade », a réagi l’un des avocats de Ramadan, Me Ouadie Elhamamouchi, qui a dénoncé la sévérité de la peine comme un acharnement sur son client. Il a estimé que la situation était d'autant plus désavantageuse que les éléments de preuve avaient été contestés par leur défense.
Ramadan, déjà condamné en Suisse pour un viol, faisait face aux accusations de trois femmes pour des faits se déroulant entre 2009 et 2016. Parmi celles-ci, une plainte déposée par Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante laïque, avait été déposée en 2017. Les accusations font état de violences graves, décrites par certaines victimes comme des relations sexuelles initialement consenties mais devenues brutales au point de provoquer des angoisses de mort imminente.
À l'ouverture du procès, le prévenu ne s'était pas présenté en raison d'une hospitalisation présumée liée à sa sclérose en plaques, mais une expertise médicale a confirmé qu'il était apte à comparaître, menant ainsi à un jugement par défaut en raison de son absence. Ses avocats ont alors boycoté l'audience, dénonçant une « parodie de justice ».
« Toute-puissance »
Les motivations du jugement ont été expliquées pendant près d'une heure, où la cour a décrit le comportement de Tariq Ramadan comme un exemple manifeste d'une « négation de l’altérité » et d'une « destruction psychologique » des plaignantes. Plusieurs experts s'accordent à dire que de tels comportements s'inscrivent dans une dynamique systémique de pouvoir où l'agresseur se croit au-dessus des lois. La décision a été saluée par les victimes comme un moment de justice tant attendu, avec Henda Ayari exprimant une gratitude amère pour la reconnaissance de son expérience, affirmant : « Ça fait neuf ans que j’attendais ça, et aujourd’hui, les juges m’ont crue ».
Ce verdict a non seulement un impact sur Ramadan, mais ouvre aussi le débat sur la manière dont la justice traite des affaires de violences sexuelles, un sujet sensible et crucial dans la société actuelle. Beaucoup espèrent que cela encouragera d'autres victimes à se manifester, stimulant ainsi un véritable changement dans les perceptions et la gestion des cas de viols en France.







