Le tribunal de Brest a rendu un jugement décisif dans un contexte de tensions géopolitiques. Le 30 mars, le capitaine chinois Chen Zhangjie, à la tête du pétrolier Boracay, a été condamné à un an de prison ferme et à une amende de 150 000 euros pour avoir refusé un contrôle de la marine française, une décision qui met la lumière sur des enjeux énergétiques pressants.
Cette affaire remonte à septembre 2025, lorsqu'un pétrolier sans pavillon visible a été intercepté au large de l'île d'Ouessant, alors qu'il transportait du pétrole russe à destination de l'Inde. Le parquet a souligné que le capitaine, âgé de 39 ans, avait manifesté une "particulière mauvaise volonté" à l'égard des militaires français, provoquant une manœuvre jugée "dangereuse" lors de son arraisonnement.
Un navire sous sanctions et aux activités suspectes
Le Boracay, mesurant 244 mètres, était placé sous des sanctions européennes visant à lutter contre la flotte fantôme russe, un ensemble de navires opérant en marge des lois pour contourner les restrictions sur le pétrole russe. Avant son interception, il avait hissé un faux pavillon béninois et se trouve désormais sous l'appellation Phoenix, immatriculé sous pavillon russe.
La défense, représentée par l'avocat Henri de Richemont, a contesté la compétence de la justice française, arguant que la convention de Montego Bay sur le droit de la mer protégeait leur position. À bord du pétrolier, des agents d'une société de sécurité privée russe ont également été repérés, ce qui soulève des questions supplémentaires sur des activités de surveillance et d'autres infractions.
Ce verdict a suscité des réactions diverses, l'expert en droit maritime, Camille Leclerc, affirmant que "la décision du tribunal reflète la volonté ferme de la France de faire respecter les sanctions et d'affirmer son autorité en mer". De nombreux observateurs s'accordent à dire que cette condamnation pourrait marquer un précédent significatif dans les actions judiciaires contre les opérations maritimes illégales.







