"Créer une émulation" et "valoriser différentes formes d'excellence" : c'est la nouvelle ambition d'Édouard Geffray, ministre de l'Éducation, qui a annoncé la création d'un concours général des collèges prévu pour 2027. À travers cette initiative, il cherche à rehausser le niveau des attentes éducatives au sein des établissements.
"Nous souhaitons offrir un horizon aux élèves les plus performants en leur proposant des défis stimulants. C'est pourquoi nous instaurerons ce concours général", a-t-il expliqué lors d'un entretien avec le Groupe Ebra. Ce concours, inspiré du prestigieux concours général des lycées, se veut un moyen de susciter l'émulation parmi les élèves.
Chaque collège pourra inscrire jusqu'à 10% de ses élèves, tout en veillant à la parité entre les sexes, dans l'une des cinq disciplines : français, mathématiques, histoire-géographie, arts, ou numérique-codage. "L'objectif est de mettre en avant différents types d'excellence", a précisé Geffray.
Cependant, certaines voix s'élèvent contre cette initiative. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a exprimé des doutes sur l'impact de cette compétition. "Si cette initiative devient une antichambre de l'élitisme, notre système éducatif n'en a pas besoin. Nous avons d'autres urgences à traiter", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Les inscriptions pour le concours s'ouvriront à l'automne, avec des épreuves programmées pour janvier et février. Ces épreuves, qui se dérouleront individuellement sur une date fixée, se veulent exigeantes et contraignantes, a souligné un proche du ministre à l'AFP. Le modèle du concours est encore en phase de développement.
L'ambition de Geffray est d'améliorer le niveau global des collégiens en s'attaquant aux causes fondamentales du problème. Cette initiative s'inscrit dans une volonté de promouvoir l'excellence, tout en soutenant les collèges en difficulté.
Des établissements ciblés, comme ceux de l'opération Collège en progrès, bénéficieront d'un accompagnement particulier. Environ 800 collèges où plus de 40% des élèves obtiennent moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet recevront une aide spécifique dès la rentrée, selon le ministre.
"Les actions ont déjà débuté", a annoncé Geffray. Ces établissements travailleront à l'amélioration des leviers prioritaires pour soutenir les élèves en difficulté, notamment par le biais de formations pour enseignants et d'une augmentation des budgets sociaux.
Parallèlement, il s'inquiète d'une chute significative du taux de réussite au brevet national, à cause des récentes modifications des épreuves. Pour l'année 2026, le brevet comptera désormais 60% de la note finale venant de l'examen, tandis que le contrôle continu intègrera les résultats de la 3e, au lieu d'une moyenne sur tout le cycle 4.
"On pourrait s'attendre à 75% de réussite, avec moins de mentions", a prévenu Geffray, soulignant l'importance d'une préparation rigoureuse pour les examens. Il a également recommandé la mise en place d'une semaine de révisions obligatoires avant le concours.
L'objectif majeur de cette initiative est de préparer les élèves à leur entrée au lycée, leur permettant d'avoir une vision réaliste de leur niveau et des efforts à fournir en seconde. Concentrer l'attention sur les exigences à venir pourrait bien être la clé pour réussir cette transition.







