Lancée le 18 février dernier, la pétition s'oppose fermement à une proposition de loi visant à combattre ce que son auteur qualifie de "formes renouvelées de l'antisémitisme". En effet, le texte suscite des craintes d'amalgame entre l'antisémitisme et la critique d'Israël, un phénomène souvent analysé par des experts et des enseignants, qui avertissent sur les dangers que cela pourrait représenter pour la liberté d'expression. Selon ces derniers, une telle législation pourrait étouffer les voix qui soutiennent la cause palestinienne.
Le nombre de signatures a atteint 303 344 dimanche 5 avril, comme l'a rapporté le site de l'Assemblée nationale. Portée par la députée Caroline Yadan, représentant les Français de l'étranger, en particulier ceux basés en Israël et en Palestine, cette loi vise à élargir le délit d'apologie du terrorisme et à créer un nouveau délit de négation d'un État. Le projet est inscrit à l'ordre du jour des débats parlementaires les 16 et 17 avril prochains.
Avec cette pétition ayant franchi le cap des 100 000 signatures, le document a bénéficié d'une visibilité renforcée sur le site de l'Assemblée nationale. À partir de 500 000 signatures et dans 30 départements différents, la pétition pourrait être soumise à un débat en hémicycle, mais cela requerra l'accord de la conférence des présidents de groupe. Les membres de diverses associations de défense des droits humains et des académiques ont exprimé leur préoccupation vis-à-vis des implications que cela pourrait avoir sur la liberté d'expression. Dans une déclaration récente, l'un des signataires a affirmé : "Nous devons être vigilants pour que la lutte contre l'antisémitisme ne devienne pas un prétexte pour limiter les débats nécessaires sur des questions sensibles comme la Palestine."







