Avec une carrière marquée par une absence de mandat électif depuis près de deux décennies, Dominique de Villepin reste convaincu qu'il peut réunir les 500 signatures de maires nécessaires pour déclarer sa candidature à la présidentielle de 2027. "Je sens bien qu'il y a une mobilisation dans le pays", a-t-il affirmé récemment sur le plateau du Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.
"La situation a évolué depuis 2012; ce n'est pas gagné d'avance, mais j'ai la conviction que nous pouvons y arriver", a déclaré Villepin.
Un défi de taille pour un retour en politique
Dans un contexte où son dernier essai de candidature en 2012 a échoué, Villepin se retrouve à nouveau sur la ligne de départ. Son rival politique, Nicolas Sarkozy, avait justement tout fait pour dissuader les élus de l'appuyer à l'époque. Actuellement, Villepin se positionne comme le médiateur dans le conflit israélo-palestinien, héritant du succès de son discours aux Nations Unies en 2003 qui s'opposait à la guerre en Irak.
Pourtant, des experts comme le sénateur Jean-Pierre Grand soulignent les obstacles. "Ce n'est vraiment pas un exercice facile et ce n'est jamais gagné d'avance", reconnaît-il, renforçant l'opinion selon laquelle son parcours pourrait encore une fois être semé d'embûches.
Parrainages: un projet ambitieux
Pour officialiser sa candidature, Villepin doit obtenir au moins 500 parrainages émanant d'élus répartis sur 30 départements distincts. Ce chiffre, bien que formel, est difficile à atteindre. De fait, sa notoriété ne suffit pas à influencer le choix des maires, renforçant les propos de l'ancien député LR, Guy Geoffroy, qui s'interroge sur la faisabilité de son projet.
"On dit 500 signatures, mais il en faut vraiment 700 pour être sûr d'avoir le compte", explique un membre de son équipe.
Villepin se vante d'être l'une des personnalités politiques les plus appréciées des Français, ce qui, selon certains de ses soutiens, pourrait jouer en sa faveur.
Un engagement bénévole indispensable
Une autre contrainte se dessine: la nécessité de mobiliser des volontaires prêts à aller de mairie en mairie pour obtenir ces signatures. Sébastien Gouttebel, ancien président des maires ruraux, rappelle que rien ne remplace le contact humain dans cette démarche.
La question de l'engagement des adhérents de La France humaniste, le nouveau parti de Villepin, se pose donc. Peuvent-ils se déplacer à leurs frais pour soutenir le candidat ? Un défi de taille, partagé par de nombreux acteurs politiques.
Une compétition à multiples facettes
En 2027, le paysage politique sera hautement concurrentiel, avec de nombreux candidats potentiels. La situation pourrait accaparer l'attention des maires, déjà sollicités par de multiples campagnes. "Il y a des maires sans étiquette qui pourraient être sensibles à sa vision", croit son entourage, cependant, nombreux sont ceux qui risquent de privilégier leur propre candidat.
"Les maires auront une grande liberté désormais, mais cela ne garantit pas pour autant que Villepin obtiendra leurs parrainages", nuance un analyste politique.
Au final, la route vers la présidentielle reste incertaine pour Dominique de Villepin. Le rappel constant de ses actions passées et la dynamique changeante de la politique pourraient finalement peser dans la balance d'une candidature qui espère voir le jour.







