"Nous voulons des maires de couleur en réaction au racisme qui grandit" : le samedi 4 avril, des milliers de citoyens se sont rassemblés à Saint-Denis pour exprimer leur rejet du racisme, sous l'égide du maire Bally Bagayoko, dont l'élection a exacerbé un débat national sur la discrimination raciale.
La manifestation s'est tenue dans une ambiance conviviale sur le parvis de l'Hôtel de ville, avec la présence de syndicats, d'associations et de plusieurs figures politiques de gauche, parmi lesquelles Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou, ainsi que la responsable écologiste Marine Tondelier et d'autres personnalités issues du Parti socialiste.
"Nous affirmons avec force notre attachement aux valeurs républicaines portées par ceux qui sont les descendantes et descendants de l'immigration", a déclaré le maire. Il a vivement critiqué les "institutions défaillantes, parfois complices" qui ont alimenté une campagne haineuse à son égard depuis son élection le 15 mars.
"C'est un SOS pour toutes les personnes qui font partie de notre communauté que nous souhaitons bâtir", a-t-il ajouté.
Le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a vivement dénoncé "une vague de racisme insupportable provenant des élites politico-médiatiques, qui ont sans réserve montré leur mépris envers une partie de notre société".
Des slogans antifascistes
Sara, une avocate de 26 ans originaire de Saint-Denis, a affirmé sa présence pour soutenir Bally face aux "attaques inacceptables". Elle a critiqué le maire sortant, Mathieu Hanotin, pour ses propos pendant la campagne, insinuant une influence négative sur les votes.
Des pancartes comme "Nous voulons des maires noirs contre la peste brune" et des slogans tels que "la jeunesse emmerde le Front national" ont retenti au sein de la foule.
Kantéba Camara-Sissoko, 55 ans, auxiliaire de puériculture, a partagé son indignation face à des commentaires jugés racistes diffusés sur CNews, élargissant le débat sur le racisme en France et incitant à la réflexion sur notre société en 2026.
L'absence remarquée d'Aurore Bergé
Bally Bagayoko a souligné l'importance de ce rassemblement qui dépasse le cadre de La France Insoumise, indiquant que c'est un combat universel contre toutes les formes de discrimination. En évoquant l'absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, il a exprimé que sa présence aurait été inestimable, bien qu'il ait reçu son soutien par téléphone.
Il a également critiqué le silence du président Emmanuel Macron, affirmant que cela démontre un manque d'engagement dans la lutte contre le racisme et les discriminations.
Une enquête pour injure publique
Suite à ces événements, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour "injure publique" à la suite des déclarations controversées à l'encontre de Bagayoko. Ce dernier a déposé plainte contre CNews, qui a par la suite contesté toute forme de racisme dans ses diffusions.
Le ministre de l'Intérieur a qualifié ces propos d'abominables, tandis que Bagayoko a remercié les soutiens tout en notant qu'ils étaient arrivés trop tard dans la situation. Ce rassemblement constitue un mouvement significatif dans la lutte contre le racisme et la discrimination en France, rappelant l'importance de la solidarité dans la communauté.







