Au sein de l'équipage de la mission Artemis 2, composé de trois Américains et d'un Canadien, l'harmonie règne. Une belle illustration de la coopération entre Ottawa et Washington, qui se démarque des récents conflits observés sur le sol. Comme le souligne Christian Science Monitor, les relations canado-américaines seraient à leur plus bas depuis la guerre de 1812, marquée par l'invasion du Canada par les États-Unis.

Cependant, il existe “un petit endroit où le Canada et les États-Unis peuvent encore être les meilleurs amis du monde”, affirme Le New York Times. Ce lieu, c’est la capsule spatiale qui les emmène vers la Lune.

À son bord, le commandant de mission Reid Wiseman, le pilote Victor Glover, la spécialiste de mission Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen, “le premier de son pays à se diriger vers la Lune”, comme l'indique CBC. Ensemble, ils s'apprêtent à réaliser le premier survol humain de notre satellite depuis 1972 dans le cadre de cette mission.

Dans une récente déclaration depuis l’espace, Victor Glover a partagé son enthousiasme : “L’un des aspects les plus extraordinaires du métier d’astronaute, c’est d’avoir la chance de participer à une mission dont nous chérirons le souvenir pour le reste de nos vies”.

Leadership en robotique et diplomatie spatiale

Joshua Kutryk, un astronaute canadien, s'est réjoui de la participation de son pays à cette mission, déclarant à CTV News que “parmi tous les partenaires de la NASA, le Canada est le seul invité à cette aventure”. Il a ensuite rappelé que des négociations avaient débuté entre 2018 et 2020 pour établir cette collaboration, permettant à Ottawa d'investir plus de 2 milliards de dollars (1,25 milliard d'euros) dans le programme Artemis, tout en développant des technologies spatiales avancées.

En parallèle, CTV News rapporte qu’Ottawa a récemment annoncé une enveloppe de 200 millions de dollars canadiens (124 millions d'euros) pour la création d'un site de lancement en Nouvelle-Écosse. Cela démontre l'engagement du Canada à jouer un rôle de premier plan dans la diplomatie spatiale mondiale.

Mission planétaire

L’ancienne astronaute Julie Payette a salué la diversité de l’équipe, notant que la première femme et la première personne de couleur à se rendre sur la Lune en faisaient partie. Interrogée par Christian Science Monitor, elle a souligné l'aspect avant-gardiste de cette mission :

“Cela repousse les frontières, et c’est ce que nous faisons dans l’exploration, la découverte, la science, et la recherche.”

Lisa Campbell, directrice de l’agence spatiale canadienne, a également mis en lumière les défis géopolitiques actuels, affirmant : “Nous partageons tous la même planète fragile et nous devons nous entraider”.

Les astronautes feront le tour de la Lune après leur lancement prévu lundi, comme indiqué par Space.com, avant de revenir sur Terre et d'amerrir près de San Diego quelques jours plus tard.