Lors de sa visite à Athènes, Emmanuel Macron a déclaré que la France se tiendra aux côtés de la Grèce en cas de menace, notamment face aux tensions persistantes avec la Turquie. Ce soutien s'inscrit dans le cadre d'un partenariat de défense renforcé qui vise à inspirer les autres nations européennes.
"Ne vous posez même pas la question. Quoi qu'il arrive, nous serons là, à vos côtés", a affirmé le président français en conférence de presse aux côtés du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Les deux dirigeants ont officialisé le renouvellement d'un partenariat stratégique qui, signé pour la première fois en 2021, inclut une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression.
"Cette clause est intangible", a précisé Macron, ajoutant qu'"il n'y a pas de point d'interrogation à avoir". La clarté de cette déclaration vise à rassurer non seulement les Grecs, mais aussi tous ceux qui pourraient envisager des actions hostiles.
Le Premier ministre Mitsotakis a souligné que ces promesses avaient résonné profondément dans le cœur des Grecs, un sentiment partagé par les médias locaux. Le journal Kathimerini a mis en avant les mots de Macron : "Nous serons là pour vous si votre souveraineté est menacée".
Pour Mitsotakis, cette clause est la "pierre angulaire" de l'accord entre les deux pays, désormais reconduit tacitement et élargi pour inclure des enjeux stratégiques globaux. Les tensions avec la Turquie, un rival historique, sont souvent citées par Athènes pour justifier ses initiatives militaires.
Face aux défis croissants pour la sécurité en Europe, la Grèce a entrepris une refonte majeure de son armée, considérée comme l'une des plus significatives de son histoire contemporaine. Avec un budget de 25 milliards d'euros, Athènes se prépare à acquérir un système de défense sophistiqué, incluant un "Bouclier d’Achille" anti-missiles.
L'industrie de la défense a toujours joué un rôle crucial pour la Grèce, qui figure parmi les rares membres de l'OTAN à investir plus de 3% de son PIB dans ce domaine. Les relations avec la Turquie, bien que marquées par un léger rapprochement ces derniers mois, restent tendues, exacerbées par les controverses historiques.
Depuis la fin des restrictions budgétaires lors de la crise de 2009 à 2018, la Grèce a investi significativement dans l'achat d'armements, notamment en acquérant des Rafale et des frégates françaises pour un montant dépassant 5,5 milliards d'euros.
Macron et Mitsotakis souhaitent que leur alliance serve de modèle pour un renforcement de la défense en Europe. Selon Mitsotakis, ce rapprochement constitue une réponse aux bouleversements géopolitiques récents et appelle à une autonomie stratégique accrue pour le continent, une vision que Macron partage, soulignant le besoin d'une "Europe de la défense" consolidée.







