Un come-back politique en préparation ? À un an du scrutin présidentiel, François Hollande s'affirme comme un candidat potentiel, peaufinant son projet et semant les graines de son retour. « Comment être utile aujourd'hui ? En me préparant », a récemment déclaré l'ex-président socialiste, comme l'indique Marianne.
Sa stratégie des petits cailloux
Défendant une « gauche réformiste », son ancien camarade Jean-Christophe Cambadélis souligne sa « stratégie des petits cailloux ». Il perçoit une montée de l'idée « Pourquoi pas Hollande ? » dans l'opinion publique.
De retour dans le paysage politique en tant que député de Corrèze sous les couleurs du Nouveau Front populaire, Hollande, aujourd'hui âgé de 71 ans, fait face à des concurrents tels que Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve. « Il jauge les forces en présence », note un parlementaire proche de l'ancien président.
Comment départager les prétendants ? Une « compétition amicale » pourrait surgir à travers des débats et discussions, selon un proche. Il devient crucial de déterminer qui sera capable de surpasser Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour et de l'emporter au second, précise Cambadélis.
Vers une présentation de son programme fin août
Hollande assistera ce week-end à une rencontre de la social-démocratie à Liffré, où il côtoiera des figures comme Yannick Jadot et l'homme d'affaires Matthieu Pigasse. Ce rendez-vous constitue une première étape, d'autres rencontres suivront, souligne un proche.
Hollande souhaite mettre en avant son expérience sans se présenter comme l'option par défaut. « Je n'entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France », insiste-t-il, en cherchant à convaincre dès le premier tour un électorat diversifié..
Une image de stabilité
« Il nous a encouragés à proposer de nouvelles idées, loin du « François Hollande 2012 » », confie Wilfrid Pailhès, un élu proche de lui. Son projet inclut des initiatives pour « l'école et l'université, et plus largement sur le savoir et la recherche ».
En parallèle, une association de financement, « Démocratie 2030 », vient d'être créée avec des personnalités du secteur économique. Un livre est aussi prévu pour l'automne.
Hollande s'oppose à l'idée d'une primaire, plaidant pour un choix de candidat en fin d'année afin d'analyser les sondages, une position controversée au sein du PS.
Le politologue Rémi Lefebvre note que les chances de Hollande sont « relativement faibles », bien qu'il ait connu un parcours similaire avant son premier mandat. Pour lui, l'expérience pourrait être la clé dans le contexte complexe de la gauche.
« Ce n’est pas lui l’évidence… Glucksmann non plus »
Face aux turbulences économiques et politiques actuelles, la candidature d'un ancien président est perçue comme un gage de stabilité, selon Pailhès. Toutefois, son bilan reste un obstacles pour certains électeurs, notamment au sein de la gauche, qui lui reproche ses réformes controversées.
« Je ne pense pas que le PS puisse se tourner vers Hollande. Cela serait perçu comme un aveu d'échec », conclut Lefebvre. Pour l'instant, la compétition s'annonce serrée, sans véritable leader émergent.







