Jeudi dernier, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une proposition de loi visant à abolir les lois liées à l'esclavage. Ce vote représente une avancée significative dans le traitement de ce sujet encore très sensible, même si le texte doit maintenant franchir l'étape du Sénat, sans qu'une date ne soit encore fixée.
Ce vote a été qualifié de "symbolique", surtout avec l'émergence d'une discussion sur la question des réparations. Les députés ont alors voté, le 28 mai, pour l'abrogation du Code noir ainsi que de tous les textes qui ont régi l'esclavage dans les anciennes colonies françaises, qui étaient restés en vigueur, sans être formellement abrogés, depuis l'abolition de l'esclavage en 1848.
Ces lois historiques traitaient les personnes asservies en tant que "biens mobiliers", pouvant être achetés comme n'importe quel bien immobilier. Elles prévoyant des sanctions cruelles en cas de fuite, telles que l'amputation des oreilles, le marquage au fer rouge, voire la peine de mort. Emmanuel Macron, le président de la République, avait exprimé son soutien à cette initiative lors d'une intervention le 21 mai, soulignant que le maintien de ces textes, bien qu'inapplicables, représente une "trahison de ce qu'est la République".
Le débat a parfois été animé, notamment en ce qui concerne la formulation du texte et la question des réparations, mais tous les groupes parlementaires ont finalement approuvé la proposition présentée par Max Mathiasin, député du groupe Liot de la Guadeloupe. Ému, il a déclaré au micro : "C'est un pas supplémentaire, un hommage aux hommes et aux femmes, aux enfants mis en esclavage". Des collègues ultramarins l'ont alors enlacé dans l'hémicycle, témoignant de l'importance émotionnelle de ce moment.
Le texte se dirige donc vers le Sénat pour la suite des discussions, dans un contexte où les réparations sont également sur la table des débats, ajoutant une nouvelle dimension à cette dispute historique.







