Le 19 juin dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti la Biélorussie concernant des antennes relais utilisées par les forces russes pour orienter leurs drones dans le cadre de la guerre en Ukraine. Cette menace semble avoir eu un impact, car Minsk a récemment pris des mesures.
Historiquement, la Biélorussie a été un soutien discret mais significatif pour le Kremlin, servant de point de départ aux troupes russes lors de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, et de plateforme de lancement pour des missiles visant des villes ukrainiennes. Kiev a souvent dénoncé ces actions, sans résultat concret jusqu'à présent.
La tournure des événements a pris une ampleur inattendue lorsque Zelensky a intensifié son discours le 19 juin, en mettant en demeure les autorités biélorusses de désactiver quatre antennes relais en une semaine. En cas d'inaction, il a promis que l'Ukraine prendrait les choses en main. Cette déclaration n'est pas passée inaperçue et a suscité des réactions vives de la part de Moscou.
Des menaces prises au sérieux ?
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé les propos de Zelensky comme des "menaces agressives" et une violation de la souveraineté biélorusse, rapportent nos confrères de Deutsche Welle. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quant à lui affirmé que cette déclaration visait à entraîner la Biélorussie dans le conflit.
Malgré l'absence de réaction officielle de Loukachenko, Zelensky a récemment annoncé que les antennes relais affectées avaient cessé de fonctionner. "Qu'elles aient été démontées ou désactivées, il est clair qu'elles ne sont plus opérationnelles", a-t-il déclaré.
Des sources proches de la situation, comme le rapport de la BBC, indiquent qu’après le 22 juin, il a été confirmé que ces infrastructures étaient en effet inactives. Cette tournure pourrait signifier que l'ultimatum de Zelensky a porté ses fruits.
Les analyses de spécialistes militaires, tel qu'Oleksiy Kopytko pour le site NV, suggèrent que l'ultimatum a non seulement engendré une réaction mais a également soulevé des interrogations sur la soumission de Loukachenko aux pressions extérieures. Kopytko s'interroge de manière ironique si Loukachenko a effectivement pris des mesures immédiates pour se conformer aux exigences ukrainiennes.
Il précise cependant que le président ukrainien a également mis en avant les envois de carburant à l'armée russe, signifiant que la région fait face à des pressions multiples et complexes, redéfinissant ainsi les priorités pour le régime de Loukachenko.







