Dans une décision historique, la cour suprême américaine a ouvert la voie à Donald Trump pour limoger les dirigeants des agences indépendantes du gouvernement, à l'exception de la Réserve fédérale. Ce jugement, qualifié par le New York Times d'« extension majeure des pouvoirs présidentiels », a été rendu le 29 juin dernier et pourrait redessiner le paysage du gouvernement fédéral.

Les juges conservateurs ont voté à six contre trois pour renverser une décision datant de 1935 qui interdisait au président de révoquer les membres des agences indépendantes sans raison valable. Au contraire, Trump a justifié le renvoi de Rebecca Slaughter, commissaire à la Federal Trade Commission, par une incompatibilité avec ses « priorités administratives ». John Roberts, le chef de la cour, a déclaré : « Ni le Congrès ni les tribunaux ne peuvent imposer au président des responsables avec lesquels il ne souhaite pas travailler. »

Une décision controversée

Cette décision a soulevé des inquiétudes quant à l'augmentation du pouvoir exécutif, une préoccupation que des experts juridiques, comme Jed Schugerman de l’Université de Boston, ont qualifiée de « gênante de minceur », argumentant que le jugement est truffé d'erreurs. Mother Jones souligne également que cette décision pourrait causer un chaos dans la gouvernance.

Une victoire pour la Fed

En dépit de cette extension des pouvoirs, la cour a statué favorablement en faveur de Lisa Cook, membre du conseil des gouverneurs de la Fed, face à une tentative de Trump de la limoger, lui permettant ainsi de rester en fonction. The Guardian commente que cette décision constitue une victoire cruciale pour la Fed, qui avait subi une pression croissante de la Maison-Blanche.

Des revers pour Trump

Par ailleurs, dans deux affaires distinctes, la cour suprême a validé le droit des États à accepter les bulletins de vote par correspondance arrivés après le jour du scrutin, ainsi qu’elle a rejeté l'appel de Trump dans l'affaire E. Jean Carroll, confirmant sa culpabilité dans une affaire d'agression sexuelle.

Alors que Trump s'est exprimé sur les réseaux sociaux pour dénoncer ces décisions comme des injustices, l'avocate de Carroll, Roberta Kaplan, a salué l'issue comme un pas vers la responsabilité.