Un enfant de trois ans a été miraculeusement secouru après six jours de désolation causés par des séismes dévastateurs au Venezuela, a déclaré la Défense civile de Jordanie dans un communiqué ce mardi 30 juin. L'enfant a été pris en charge par des secouristes jordaniens à Caracas et a rapidement reçu des soins médicaux avant d'être transféré à l'hôpital.
Les séismes, d'une magnitude de 7,2 et 7,5, ont été les plus puissants à frapper le pays sud-américain depuis plus d'un siècle. Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale, indique que près de 10.500 personnes ont été blessées et que le port de La Guaira, épicentre des tremblements, a été particulièrement touché.
Malheureusement, malgré les efforts de secours, l'ONU estime que près de 50.000 personnes demeurent disparues. Bien que jusqu'à présent 6.461 individus aient été secourus, les chances de retrouver des survivants diminuent avec le temps, selon des experts.
Pénuries et tensions croissantes
Avec la fenêtre des 72 heures de recherche des survivants qui se referme, les conséquences humanitaires se font déjà sentir. La NASA a signalé que près de 58.870 bâtiments dans la zone touchée ont été gravement endommagés ou détruits, bouleversant les infrastructures essentielles.
Le Haut-commissaire aux réfugiés des Nations unies a attiré l'attention sur la crise alimentaire qui touche La Guaira : "Les pénuries alimentaires sont généralisées, les services sont à l'arrêt, et les communications sont largement coupées. Les tensions entre les habitants s'élèvent alors que l'aide reste insuffisante." Daniela Armas, une jeune vendeuse blessée, a décrit à l'AFP une situation chaotique où la lutte pour la survie prend le pas sur la solidarité.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel urgent de 50 millions de dollars pour soutenir 500.000 personnes pendant trois mois, alors que 7,9 millions de Vénézuéliens ont déjà besoin d'aide humanitaire.
Des inquiétudes face aux épidémies
Les risques épidémiques inquiètent également l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les systèmes de santé, déjà fragilisés, pourraient rapidement être submergés par des flambées de maladies évitables comme la rougeole et la diphtérie, a averti Christian Lindmeier, porte-parole de l'OMS.
Pablo Alfonzo, un homme de 64 ans, exprime la frustration de ceux qui ont perdu leurs maisons et leurs proches : "Il est impératif que les autorités se concentrent sur les services de base tels que l'électricité et l'eau potable." Pendant ce temps, des jeunes volontaires comme Diorjailis Escalona tentent de faire une différence, malgré leur propre douleur.
Les États-Unis, après avoir capturé le président Nicolas Maduro pour des accusations de narcotrafic, ont doublé leur aide humanitaire à 300 millions de dollars, qu'ils destineront à des ONG et des agences onusiennes sur le terrain.
Une morgue temporaire
Une morgue improvisée a été installée sur le port de La Guaira, saturée par un flux ininterrompu de blessés et de victimes.
"Ma famille est ici. On me dit que sa sœur et ses enfants sont là", déclare un homme en attendant d'identifier les corps de ses proches. Selon l'OMS, au moins 38 hôpitaux ont subi des dégâts critiques à travers le pays.
Face à cette tragédie, la communauté internationale a réagi rapidement. Gianluca Rampolla Del Tindaro, coordinateur de l'ONU au Venezuela, a annoncé que 27 pays avaient mobilisé des équipes de secours, amenant plus de 2.000 secouristes et chiens de recherche sur le terrain.







