Coincée pendant deux jours sous les décombres d'un immeuble effondré, Andrea Canónico s'est concentrée sur sa respiration pour garder son calme. À l'extérieur, Moisés Faramaya, surnommé 'El Topo' pour son expérience de mineur, s'efforce de sauver un maximum de victimes de la catastrophe.
- 'Je n'ai jamais perdu espoir' -
"Ce qui m'a aidée à tenir, c'est de ne jamais perdre espoir", confie Andrea Canónico à l'AFP. Âgée de 23 ans et résidant à Los Corales, dans l'État de La Guaira, elle a survécu à des séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont causé près de 2.000 décès, selon les premiers bilans. "J'ai décidé de dormir pour me calmer, malgré la peur que cela puisse encore trembler", raconte-t-elle.
Elle racontait avoir un espace suffisant pour s'asseoir, même si six mètres de gravats la surplombaient. "Mon téléphone a été ma bouée de sauvetage, il m'a permis de garder une notion du temps et m'a éclairée", explique-t-elle, ajoutant qu'elle a pu communiquer avec un autre survivant au-dessus d'elle, ce qui a été vital pour son sauvetage.
"J'ai réussi à grimper par un trou grâce à un meuble, j'ai escaladé jusqu'à atteindre les secouristes qui m'ont sortie de là. En ce moment, je pense à mon frère de 20 ans et ma tante de 91 ans, j'espère qu'ils seront aussi retrouvés vivants", se serre-t-elle.
- Le mineur sauveteur -
Moisés Faramaya, un bénévole de 26 ans, a multiplié les efforts pour sauver les victimes, ayant déjà extirpé 16 survivants et récupéré 22 corps. "J'ai crié inlassablement : 'Y a-t-il quelqu'un en vie ici ?!'. Lorsqu'une personne a pu me répondre faiblement en grattant la pierre, j'ai utilisé ma pioche et ma pelle pour la sortir vivante", raconte-t-il avec détermination.
Il met à profit ses six années passées dans les mines d'El Callao, où il a acquis des compétences cruciales pour les opérations de sauvetage. "Ce que nous faisons ici est très difficile, entre la poussière et l'odeur des corps en décomposition, mais nous continuons", admet-il, tout en prenant de brèves pauses pour rester alerte.
- Espoir, désespoir -
Les autorités avaient initialement déclaré qu'il n'y avait plus de survivants dans l'immeuble où se trouvait Andrea. Pourtant, Alexander Garcia, un serveur de 44 ans, a entendu les secours annoncer un 'Code 14', indiquant qu'il n'y avait plus d'espoir. Cependant, des équipements de détection et des chiens renifleurs envoyés par des secouristes espagnols ont décelé des signes de vie, ravivant l'espoir dans de nombreuses familles.
"Savoir qu'il y a encore des chances de les retrouver vivants me redonne espoir", confie Garcia. Sa mère a été retrouvée, mais n'a pas survécu, une douleur qui le pousse à garder foi pour ses deux frères piégés sous les décombres.
Alors que la nuit tombe sur Los Corales, les opérations se poursuivent à la lumière des lampes torches, avec des proches attendant, pleins d'espoir. Cependant, une forte pluie s'est abattue sur La Guaira, suspendant temporairement les efforts de secours et assombrissant un peu plus les chances d'autres sauvetages.
Six jours après les séismes, les espoirs de trouver de nouveaux survivants s'amenuisent avec chaque minute qui passe.







