Que reste-t-il vraiment du rêve américain en cette année qui marque les 250 ans des États-Unis ? L'AFP s'est penchée sur les récits de diverses personnes, nées sur le sol américain ou ailleurs, pour explorer ce concept toujours vivant dans la première puissance mondiale.
Les contours du rêve américain peuvent varier, mais il demeure une source d'espoir pour des millions de personnes cherchant une vie meilleure et une chance de réussir, malgré les obstacles.
"Je vois le rêve américain comme un chemin pavé de travail acharné", témoigne Reinaldo Gutierrez Iglesias, un vendeur de fruits cubain établit à Miami depuis 15 ans. Pour lui, ce pays offre d'immenses opportunités. "Il permet de progresser pas à pas vers ses aspirations", poursuit-il.
Reinaldo évoque les nombreuses heures de travail qu'il consacre à sa famille, affirmant qu'il est fermement déterminé à poursuivre son rêve, même si cela nécessite de jongler entre plusieurs emplois.
À Atlanta, Karisa Tavassoli, une enseignante iranienne de 31 ans, estime vivre "pleinement le rêve américain". Pour elle, les valeurs de liberté et de sécurité, qu'elle a observées dans son pays d'origine, sont inestimables. "Je peux m'exprimer librement et vivre en sécurité, ce sont des valeurs qui doivent être préservées", déclare-t-elle avec conviction.
Quant à Tristan Comte, un jeune entrepreneur français de 28 ans travaillant dans une start-up à San Francisco, il perçoit le rêve américain comme une promesse de possibilités. Cependant, il n'hésite pas à nuancer ses propos en soulignant les défis financiers et la précarité des visas. "Aujourd'hui, j'ai un salaire, mais je n'ai aucune certitude quant à demain", confie-t-il.
Un récent sondage Gallup a révélé qu'avant les célébrations du quart de millénaire des États-Unis, 69% des Américains croyaient pouvoir réaliser leur rêve américain. Bien que ce chiffre reste élevé, il a diminué de 4% par rapport à 2024.
Les résultats de l'enquête montrent également que les éléments essentiels de ce rêve incluent la liberté individuelle, la sécurité financière et l'accès à la propriété.
Certaines voix, comme celle de Carmen Barreto, entrepreneuse vénézuélienne vivant en Floride, expriment leurs inquiétudes face à la complexité croissante de la quête du rêve américain. "Je suis heureuse d'avoir créé trois entreprises qui m'apportent liberté et bonheur, mais cela devient de plus en plus difficile", affirme-t-elle.
Gerson Anzueto, qui a quitté le Guatemala pour s'installer aux États-Unis il y a 35 ans, ressent quant à lui une certaine amertume. Bien qu'il ait atteint son rêve, il se sent limité par des obstacles, tels que la langue et la couleur de sa peau. "Tout dépend de l'argent que l'on a en arrivant", confie-t-il.
À Los Angeles, Rosalba Mondragon, vendeuse de rue, exprime son désenchantement. "Le rêve américain existait peut-être avant, mais plus maintenant. On travaille dur, mais les choses ont changé", déclare-t-elle avec frustration.
Jerrial Young, serveur et travailleur indépendant en Pennsylvanie, abonde dans ce sens. À 44 ans, il se sent exploité par les grandes entreprises et doit travailler des heures excessives pour joindre les deux bouts. Néanmoins, il garde l’espoir : "Le changement est inévitable, car il le faut".







