Une enquête récemment publiée par L’Incorrect soulève des questions troublantes sur la gestion financière du collectif féministe #NousToutes, connu pour ses actions marquantes contre les violences sexistes et sexuelles. Selon le rapport, la structure associative derrière ce mouvement serait bien plus complexe et moins transparente qu’on ne le pense.
Derrière les slogans et les appels aux dons, deux associations portant le même nom, « Soutenons Nous Toutes », opéreraient à Paris. La première, fondée en octobre 2018, avait pour mission d’organiser la fameuse manifestation du 24 novembre de la même année. Toutefois, son statut aurait continué à exister sans modification pendant plusieurs années, soulevant des interrogations quant à sa légitimité à collecter des fonds et à émettre des reçus fiscaux, comme le souligne L’Incorrect.
« Pendant plus de quatre ans, l’association aurait pu agir comme un véhicule juridique pour des dons, malgré un objet initialement épuisé », indique le rapport.
Une seconde association, initialement nommée « Les Ami-es du Groupe F », rebaptisée en mai 2021, était censée fonctionner comme la structure opérationnelle du collectif. Elle a été dissoute en décembre 2022, laissant planer des doutes sur la gestion des fonds non dépensés à cette date. Ainsi, qu'est-il advenu des dons restants ? La loi impose que ces derniers soient tranférés à une œuvre d'intérêt général, mais sans comptes publiés, il est impossible de le vérifier.
En outre, l’enquête met en lumière le flou sur le type de défiscalisation applicable aux dons. Alors que l’association déclarait appartenir à des catégories ouvrant droit au dispositif, un avantage fiscal pourrait être contesté, étant donné que #NousToutes ne revendique pas un rôle direct dans l'aide aux victimes.
« Pour un collectif capable de mobiliser des milliers de participants, le respect des normes fiscales et comptables semble plus qu'urgent », prévient le rapport.
Enfin, L’Incorrect souligne l’absence de comptes annuels déclarés pour chacune des deux entités, ce qui interroge sur la transparence. La loi exige en effet que toutes les associations dépassant un certain seuil de dons publient leurs comptes pour garantir la traçabilité des fonds. Face à ces zones grises, l’administration fiscale est invitée à examiner de près les activités du collectif féministe.
Afin de clarifier ces questions, le collectif #NousToutes devrait fournir des explications solides et transparentes quant à sa gestion financière, comme le recommande L’Incorrect.







