Très prisée pour ses vertus bienfaisantes, l'huile d'olive vierge extra ne répond cependant pas toujours aux attentes. Dans son palmarès 2025, 60 Millions de consommateurs signale deux marques qui sont particulièrement problématiques, affichant des niveaux élevés de plastifiants et d'hydrocarbures.
Étudiée pour ses apports en acides gras mono-insaturés et pour son rôle essentiel dans le régime méditerranéen, l'huile d'olive est reconnue pour ses attributs bénéfiques sur la santé. Mais toutes les bouteilles étiquetées « vierge extra » peuvent-elles réellement être considérées comme de qualité supérieure ? Il semblerait que la réponse soit non, comme le révèle le dernier classement de 60 Millions de consommateurs, qui sera publié en mai 2025.
Cette enquête a examiné 22 huiles d'olive, qu'elles soient biologiques ou conventionnelles, acquises principalement dans des supermarchés. L'objectif était d'analyser leur pureté, leur composition et leur qualité gustative. Les résultats sont peu flatteurs : chaque échantillon présente au minimum un contaminant, certains présentant même plusieurs défauts, tant chimiques que gustatifs.
Deux huiles particulièrement mal notées
Parmi les produits examinés, deux grands noms se démarquent pour leur mauvaise réputation : Carapelli Bio et Terra Delyssa. Ces huiles ont été fortement pénalisées, affichant des taux alarmants de plastifiants et d'hydrocarbures, accompagnés de défauts de goût marqués.
Carapelli Bio affiche la pire contamination, avec 4,8 mg/kg de DEHP, un phtalate connu pour ses effets perturbateurs endocriniens et ses risques de toxicité reproductive. En plus de cela, elle contient des hydrocarbures MOSH et MOAH, qui sont classés comme potentiellement cancérigènes. Des signes d'oxydation avancée et une qualité gustative décevante, frôlant le seuil d'acceptabilité, viennent s'ajouter à cela.
Terra Delyssa, provenant de Tunisie, n'est pas en reste. Elle enregistre aussi des taux préoccupants de plastifiants (3,5 mg/kg) et affiche des niveaux élevés d'acides gras saturés (près de 20 %, ce qui est néfaste pour la santé cardiovasculaire), sans oublier un goût terreux ou moisi, souligné par le jury sensoriel de l'étude. Tout cela remet en question son étiquetage « vierge extra », qui suppose une qualité irréprochable.
Des contaminants dans toute la filière
Bien que ces deux huiles soient les plus mal notées, 60 Millions de consommateurs rappelle que toutes les références testées contiennent un contaminant : plastifiants (phtalates), hydrocarbures saturés (MOSH) ou aromatiques (MOAH). Ces substances proviennent souvent des matériaux d'emballage ou des machines de production, et migrent dans les huiles durant leur fabrication. Bien que les niveaux de contamination aient considérablement diminué par rapport à quelques années (parfois jusqu'à 30 mg/kg), leur persistance demeure inquiétante.
La référence Eco+ dépasse le seuil acceptable pour les MOAH, atteignant 10 mg/kg, soit cinq fois la limite fixée à 2 mg/kg, une situation alarmante aux yeux des experts du domaine, d'autant plus que ces hydrocarbures sont difficiles à éliminer de l'huile.
Des défauts sensoriels
En plus de la composition chimique, l'étude a examiné les caractéristiques organoleptiques des huiles. Il a été constaté que sept des vingt-deux échantillons présentent au moins un défaut majeur.
Des goûts rances ont été notés dans les huiles Émile Noël, Cauvin et Tramier, tandis que les huiles Lesieur, Eco+ et encore Terra Delyssa se sont vues attribuer un goût moisi ou humide. La référence Primadonna a même été qualifiée de « chômée » en raison d'une fermentation mal contrôlée des olives avant leur trituration.
Tous ces éléments montrent qu’en dépit d’un prix pouvant atteindre 60 euros le litre pour certaines bouteilles de luxe telles que Leos, toutes les huiles d'olive ne garantissent pas une qualité élevée. Pour un choix éclairé, 60 Millions de consommateurs suggère de privilégier les huiles locales, d’éviter les premiers prix et de faire confiance aux tests indépendants.







