Ce mercredi 1er juillet, la Maison de la Bio, une fédération regroupant agriculteurs et distributeurs, a dévoilé un ensemble de 15 recommandations à l'attention des décideurs politiques. La fédération insiste sur le fait que l'agriculture biologique constitue une solution viable et essentielle face aux problématiques de santé, d'eau, d'environnement et de souveraineté alimentaire.
Malgré la reprise de la consommation de produits bio après une période d'inflation, un constat inquiétant se dessine : le nombre de fermes bio diminue. La Stratégie nationale pour l'alimentation vise à porter la part de l'alimentation bio à 12 % d'ici 2030, alors qu'elle se situe actuellement à 5,8 %. De plus, une croissance des surfaces agricoles dédiées à la bio est espérée, passant de 10 % à 21 %.
La Maison de la Bio fait référence à des exemples européens où des niveaux de consommation élevés en bio sont atteints grâce à une collaboration efficace entre politiques, acteurs économiques et consommateurs. Selon Christophe Barnouin, coprésident de la fédération, "Le bio représente un rempart contre les pesticides chimiques, et assure une meilleure préservation de nos ressources naturelles, notamment l'eau."
Fiscalité différenciée et paniers gratuits pour les femmes enceintes
Parmi les suggestions, deux points sont actuellement débattus au Sénat dans le cadre d'un projet de loi d'urgence agricole. La Maison de la Bio propose accordée la priorité à l'agriculture biologique dans les zones de captage d'eau potable, tout en demandant aux acteurs de la distribution et de la restauration de rendre public le pourcentage de leurs achats en produits "durables et de qualité".
Elle revendique aussi une fiscalité différenciée selon l'impact écologique et social des entreprises, l'établissement d'une interprofession bio, et la nomination de référents au sein des ministères de l'Économie, de la Santé et de l'Éducation, en plus du Ministère de l'Agriculture.
La fédération appelle à un renforcement de l'Agence Bio, dont l'avenir avait été incertain lors des discussions budgétaires. Elle rappelle qu'il est essentiel que l'agence ne reste pas en retrait sur des questions politiques cruciales.
Pour soutenir ses initiatives, la filière préconise une augmentation des aides européennes via la Politique Agricole Commune (PAC) et l'application stricte des lois existantes concernant l'intégration de produits bio dans les cantines scolaires et les revenus des agriculteurs.
Un projet phare évoqué est l'introduction de paniers de produits bio gratuits sur ordonnance pour les femmes enceintes, l'établissement d'indicateurs pour mesurer le niveau de transformation des produits, et l'organisation de cours d'éducation alimentaire allant du primaire au lycée.
Cette série de propositions vise à rappeler l'importance de l'agriculture biologique non seulement pour la santé des citoyens, mais aussi pour la préservation de notre environnement. Les enjeux sont conséquents et la mobilisation attendue des acteurs politiques est cruciale pour garantir un avenir durable, tel que le souligne la Maison de la Bio.







