Au fil des années, Brigitte Bardot n'a pas seulement été une star du cinéma, mais également une figure intrigante dans la sphère politique française, côtoyant plusieurs présidents de la Ve République. Sa première rencontre avec le général de Gaulle en 1959, durant une projection privée à l'Élysée, a marqué le début d'une relation singulière avec le pouvoir.
Ce soir-là, projeté dans les salons du Palais, Babette s’en va-t-en guerre, où Bardot incarne une femme de chambre devenue espionne. L'impact de cette apparition audacieuse sur De Gaulle fut indéniable, et leur première rencontre officielle n'eut lieu qu'en décembre 1967. L'éclat de Bardot ne manqua pas de surprendre Yvonne de Gaulle, soucieuse des réactions de l'aristocratie conservatrice. Pourtant, le général, imperturbable, accueillit avec flegme cette figure emblématique de la culture populaire.
Bardot se souviendra avec nostalgie de cet échange, confessant ne jamais avoir pu mieux connaître celui qu’elle nommait encore par son grade militaire. Le choix de De Gaulle de la sélectionner comme modèle de Marianne témoigne de son audace et de son désir de moderniser l'image de la République.
Dans les années 1970, l'icône s’engage dans une militante ardente de la cause animale, trouvant un allié en Valéry Giscard d'Estaing, le président moderne, alors qu'elle s'affiche avec fierté portant un T-shirt à son effigie. Cependant, les relations avec ses successeurs se sont révélées plus complexes. Selon une analyse de Le Monde, sa relation avec François Mitterrand fut empreinte de méfiance, et les promesses non tenues de Jacques Chirac ne firent qu'accroître sa désillusion.
Son soutien initial à Nicolas Sarkozy s’est vite transformé en critique acerbe, où elle le qualifia de "menteur" et dénonça son incapacité à honorer ses promesses. Tout ceci l’a menée à choisir de voter pour Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2012 et à délaisser toute rencontre avec François Hollande pendant son mandat. En 2017, avec une désillusion palpable, elle appela à voter contre Emmanuel Macron, dénonçant une classe dirigeante déconnectée de la réalité.
Brigitte Bardot, qui a traversé les époques, continue d'être une voix forte, bien que controversée, s'interrogeant sur la direction prise par la France. Comme l'affirme l'écrivain et critique Henri Leroux, "Sa colère est légitime, car elle reflète un profond désarroi face à la politique actuelle." Aujourd'hui, elle demeure une référence iconique, conjugant son passé de star et son présent de militante.







