La mobilisation des médecins libéraux s'intensifie. Alors qu'une importante manifestation est prévue à Paris le 10 janvier, ce mouvement, qui s'étend du 5 au 15 janvier, s'accompagnera de fermetures de cliniques dans les jours à venir, alertant sur la pression qui pèse sur le système de santé.
Les représentants syndicaux, dans une lettre commune adressée à la ministre de la santé, Stéphanie Rist, ont décliné une proposition de rendez-vous en marge de la manifestation, estimant que ces discussions ne modifieraient en rien le cours des lois en cours de vote. « Votre ministère sait depuis longtemps les points bloquants que vous n’avez pas pu ou voulu empêcher le vote », ont-ils déclaré, ajoutant vouloir convaincre les parlementaires et l'opinion publique des conséquences néfastes de ces réformes.
Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), a souligné l'importance d'une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. « Au regard de la mobilisation historique de l’ensemble, la moindre des choses serait que le Premier ministre parle avec les représentants des médecins », a-t-il précisé. Les discussions autour de la nécessité d’un budget de la Sécurité sociale jugé insuffisant et d'autres mesures réglementaires continuent d’alimenter la colère des praticiens.
Une situation qui pèse sur les urgences
La ministre a déclaré vouloir « recréer de la confiance » avec les médecins libéraux, mais sans se prononcer sur les questions à négocier. Le climat est tendu, et les dernières statistiques révèlent une baisse significative de l'activité : 19 % chez les généralistes et 12 % chez les spécialistes, impactant fortement les services d’urgence déjà en crise.
En parallèle, environ 2 000 médecins de bloc opératoire prévoient un voyage symbolique à Bruxelles après la manifestation, mettant en lumière le mécontentement croissant parmi les professionnels de santé. Malgré certains abandons de mesures comme la surtaxation des dépassements d’honoraires, des inquiétudes persistent, notamment face à la réforme qui pourrait interdire aux médecins de prescrire librement.
Les syndicats préparent également des actions pour empêcher le vote de nouvelles dispositions permettant de limiter les prescriptions, préoccupant les praticiens qui craignent des atteintes à leur liberté d'exercice. Les débats autour de l’aménagement de l’installation des médecins continuent également de provoquer des résonances dans le secteur. En somme, la situation évolue rapidement et dessine un futur incertain pour les médecins libéraux en France.







