Le gouvernement a ouvertement admis que l'adoption du budget pour 2026 par un vote à l'Assemblée nationale s'avère désormais impossible. L'Élysée impute cette situation à un "sabotage continu" de l'opposition, particulièrement la France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN). Selon Matignon, ces partis entravent le processus législatif, rendant l'emploi de l'article 49.3 de la Constitution presque inévitable pour valider le projet de budget.
Ce jeudi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu que le projet, déjà en difficultés, rencontre des oppositions croissantes. À ce stade, il est prévu que le gouvernement propose vendredi une série de modifications au texte initial, dans l'espoir de renouer le dialogue avec certaines factions politiques, dont les Écologistes et les Communistes, qui ont récemment exprimé leur désaccord lors des réunions préparatoires à Bercy.
Des experts s'interrogent sur l'impact de ces tensions politiques sur le déficit budgétaire, qui s'élève actuellement à 5,3 % du PIB, dépassant ainsi l'objectif fixée par l'exécutif de 5 %. "Les discussions actuelles portent non seulement sur les chiffres, mais aussi sur le principe même de la gouvernance", affirme Émile Moreau, économiste à l'Institut Montaigne. Ce dernier souligne que le recours à des outils constitutionnels tels que le 49.3 pourrait aggraver la fracture entre l'exécutif et l'opposition, affaiblissant ainsi la légitimité du budget adopté.
Au-delà des considérations politiques, cette situation soulève également des préoccupations parmi la population. Un dernier sondage montre que près de 70 % des Français désapprouvent l'idée que la majorité utilise le 49.3 pour contourner le débat parlementaire. Dans ce contexte délicat, Matignon tiendra un conseil des ministres extraordinaire ce week-end. Il s'agit là d'une dernière tentative pour rassembler les soutiens nécessaires avant que la partie "recettes" du budget ne soit soumise aux débats à l'Assemblée, où plus de 300 amendements restent à examiner.







