La scène est peu banale : une assemblée nationale où le découragement prédomine et où l'enthousiasme semble avoir déserté les rangs des députés. Alors qu'ils reprenaient ce mardi l'examen du budget 2026, un climat de lassitude et de désespoir a rapidement envasé les débats. Après une série de discussions peu constructives, le gouvernement a décidé, jeudi soir, de réduire la voilure et d'annuler les séances prévues les jours suivants, comme l'a annoncé le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous.
Celui-ci a affirmé : "Force est de constater que nous nous éloignons d'un texte de compromis acceptable par une majorité." Les députés, qui avaient déjà montré des signes de fatigue ces derniers jours, peinent à se remettre dans le bain après la trêve des fêtes de fin d'année. Marie-Christine Dalloz (Les Républicains) a exprimé son exaspération : "Je suis fatiguée de refaire toujours le même débat, d'entendre les mêmes arguments… Il me tarde sincèrement la fin de cet épisode."
De son côté, Steevy Gustave (groupe écologiste) a décrit sa situation : "J'ai l'impression d'être un robot." Les propos de ces élus font écho à une lassitude généralisée dans l'hémicycle, où les débats paraissent tourner en rond sans possibilité réelle d'aboutir à un compromis. Les mesures telles que la taxe sur les holdings ou une réforme de l'imposition sur la fortune, initialement envisagées pour séduire les socialistes, ont été abandonnées, illustrant ainsi l'absence de collaboration.
Alors que la démobilisation s'installe, les élus constatent des résultats de votes incohérents, laissant certains perplexes. "Il y a des votes qui partent dans tous les sens, ça n'a ni queue ni tête," s'inquiète Perrine Goulet (MoDem). Pour elle, le prolongement de ces débats empiète sur d'autres textes cruciaux pour la société.
La situation devient d’autant plus tendue avec l'approche des élections municipales, avec de nombreux élus mobilisés sur le terrain pour leurs vœux. Tous en conviennent : la reprise des discussions est devenue "absurde". Le Premier ministre, qui hésite à recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour imposer un budget, semble faire face à des pressions croissantes pour clore ce chapitre. Sébastien Lecornu, qui souhaitait initialement éviter cette solution, voit désormais son autorité mise à l'épreuve.
Alors que plusieurs députés attendent avec impatience une intervention pour "siffler la fin du match", l'absence de résultats commence à inquiéter. Sylvain Berrios (Horizons) a exprimé son mécontentement en déclarant que le débat ne fait que conduire à des confrontations infructueuses. "Il faut mettre un terme à ça," a-t-il plaidé. Pour la députée Goulet, malgré la fatigue ambiante, l'émergence d'une véritable "culture du compromis" nécessitera du temps et des efforts, ce qui laisse présager un avenir budgétaire difficile, mais peut-être plus prometteur l'année prochaine.







