Pour contrer les déclarations inquiétantes de Donald Trump sur le Groenland, la France appelle à organiser un exercice militaire de l'Otan dans cette région autonome danoise. Cet effort vise principalement à envoyer un signal politique fort, témoignant de la solidarité européenne.
Ce projet, bien que symbolique, met en jeu quelques troupes, avec une volonté affichée de préparer une réponse face aux intrigues américaines. Le 21 janvier, l'Élysée a réitéré sa disponibilité pour apporter son soutien à cette initiative, renforçant ainsi l'idée que la sécurité du Groenland est un sujet de préoccupation pour l'Europe.
Les menaces de Trump ont exacerbé des relations déjà tendues entre ce dernier et les puissances européennes. En effet, la nécessité d'un exercice militaire servant de réponse à des velléités américaines ne fait que souligner l'importance géopolitique de cette île.
Des troupes mobilisées
Actuellement, environ 200 soldats danois sont stationnés à Kangerlussuaq, au nord de la capitale. Ces militaires ont été déployés pour plusieurs semaines afin de fortifier la présence danoise face aux pressions américaines. Selon l'état-major danois, cette mission inclut non seulement des entraînements à des conditions climatiques extrêmes, mais aussi des exercices techniques, notamment en matière de gestion d'incidents.
Une manœuvre prudente
Des pays comme la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont également projeté d'envoyer un contingent militaire au Groenland. Néanmoins, leurs actions se déroulent en dehors du cadre formel de l'Otan afin d'éviter de contrarier Washington. Les soldats français et allemands interviendraient sous forme de petits groupes, ne dépassant pas une cinquantaine d'hommes, pour minimiser les risques d'escalade.
Les tensions exacerbées
Les mouvements militaires annoncés ont suscité l'ire de Donald Trump, qui a menacé de lever de nouvelles taxes, pouvant atteindre 25 %, à l'encontre des alliés participant à cette initiative. Il considère que cette escalade de troupes par huit États européens, dont la France, représente "un jeu très dangereux" et pose des risques inacceptables.
Dans ses déclarations, Trump souligne que le Groenland, riche en ressources naturelles, est crucial pour la sécurité américaine ainsi que pour l'Alliance atlantique face à des rivalités croissantes avec la Russie et la Chine. Toutefois, certains diplomates européens s'interrogent sur l'efficacité d'une telle stratégie. Un ambassadeur, cité par le Financial Times, a déclaré qu'il pourrait sembler imprudent d'envoyer des troupes à ce stade, risquant une mauvaise interprétation des intentions américaines.
Pour Paris, un exercice militaire officiel de l'Otan pourrait permettre d'inclure Washington dans la discussion et d'affirmer que les préoccupations de sécurité en Arctique sont prises au sérieux par les pays européens.







