Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère (Drôme) et candidate à sa propre succession, a récemment déposé plainte après avoir reçu un courriel choquant où il était stipulé : « Tu parles encore une fois sur Crépol et t'es morte. » Selon l'élue, cette situation témoigne que « la réalité du terrain continue visiblement de déranger », rapporte Le Dauphiné Libéré. Élue en 2014 puis réélue en 2020 avec 53 % des voix, Thoraval s'accroche à son mandat malgré ces intimidations.
Cette menace intervient dans un contexte de tensions croissantes. En effet, la maire a déjà été ciblée plusieurs fois depuis le meurtre tragique de Thomas, tué au couteau lors du bal de Crépol en novembre 2023. Le 2 janvier dernier, elle avait reçu un message sur Instagram évoquant une « rafale de Kalach ou décapitation ». Ce même individu avait également commenté ses publications d'une manière déshumanisante, comme « Il faut kalacher, MH Thoraval ». En février, un homme de 26 ans a été condamné à 14 mois de prison pour avoir menacé la maire.
Une montée inquiétante des violences envers les élus
Marie-Hélène Thoraval a exprimé ses inquiétudes quant à la montée des violences à l'encontre des élus, un phénomène qui semble s'intensifier à l'échelle nationale. Elle a décrit son exaspération face à un « harcèlement » constant qui la place dans une situation de vulnérabilité supérieure. Après la mort de Thomas, elle a mis en lumière le fait qu'une « poignée de jeunes veut faire du quartier de la Monnaie une zone de non-droit » et a plaidé pour que le caractère raciste du meurtre soit reconnu, bien que ses demandes n'aient pas été satisfaites.
Les réactions à ces nouvelles menaces ne se sont pas faites attendre. Le conseiller régional écologiste David Buisson, en tête de liste pour « Tous pour Romans », a déclaré avoir pris connaissance de ces événements avec « consternation », les condamnant fermement. Dans un communiqué, son équipe a souligné que « les violences à l’encontre des élus ne cessent d’augmenter en volume et en intensité partout en France », ajoutant que le climat d'anxiété affecte considérablement la commune toute entière.
Les statistiques du Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus révèlent qu’en 2024, il y a eu un léger recul de 9,35 % des atteintes contre les élus, avec 2 501 procédures judiciaires. Cependant, la majorité des faits signalés reposent sur des menaces (68 %), suivies de destructions de biens (15 %) et de violences physiques (10 %). Les maires représentent 64 % des personnalités visées, devançant largement les adjoints et conseillers municipaux (18 %) ainsi que les parlementaires (13 %).







