Située à Bergerac, en Dordogne, l’entreprise Sotech Technologies Services vient de décrocher un appel d’offres de Naval Group pour participer au projet de construction du nouveau porte-avions (PA-NG), dont le chantier a été lancé ce 18 mars par le président de la République, Emmanuel Macron.
Ce contrat d'une durée de quatre ans, obtenu à la fin de l’année dernière, représente un tournant pour l’entreprise. « Après deux ans et demi de travail, c’était un joli cadeau de Noël », déclare Virginue Binvenu, la cogérante de Sotech.
Un retour stratégique
Spécialisée dans la chaudronnerie, la soudure et l'usinage de pièces métalliques, Sotech est chargée de concevoir des tuyauteries et d’autres équipements chaudronnés, essentiels pour la chaufferie nucléaire propulsant le futur porte-avions. Les détails de cette commande demeurent confidentiels.
Le savoir-faire de l’entreprise est soutenu par un vaste réseau de partenaires. Plus de 600 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) seront impliquées dans ce projet, avec 90 % des achats étant réalisés en France, assure Stéphane Binvenu, le cogérant. « C’est très encadré, nous produisons uniquement les pièces commandées pour des assemblages qui auront lieu ailleurs ; nous n'avons pas accès à l'ensemble des processus », précise-t-il.
Une renaissance prometteuse
La société, liquidée en 2018, a été rachetée par Virginie et Stéphane Binvenu. « Avec comme objectifs le recrutement, le transfert des savoir-faire et l’investissement, nous avons réussi à passer de 28 à 85 employés et à multiplier notre chiffre d’affaires, de 3,8 millions à 11 millions d'euros », explique Stéphane.
Deux ans plus tard, un bureau d'études a été créé pour travailler en co-conception avec des clients stratégiques, élargissant ainsi leurs options vers des secteurs comme la défense, le nucléaire ou l’aérospatiale. Sotech collabore également avec des centrales nucléaires de nouvelle génération comme les EPR ainsi qu’avec le groupe Safran dans le domaine aéronautique.
L'importance de la production locale
Le couple d’entrepreneurs insiste sur l’importance du savoir-faire local. « Il est crucial d’avoir l’ensemble des processus de production sur le territoire pour garantir notre souveraineté », affirme Stéphane. Les PME réactives comme Sotech sont considérées comme le bras armé des grands groupes industriels.
Fort de ce nouveau contrat, le groupe prévoit d’embaucher une dizaine de personnes chaque année et de continuer ses investissements. Cependant, le recrutement pose problème : « Nous avons du mal à trouver des chaudronniers expérimentés et nous formons beaucoup en interne, mais cela demande du temps », conclut-il.







