Une loi sur la parité crée des tensions dans les élections municipales du Doubs

Dans le Doubs, une maire se heurte aux lois sur la parité en laissant la tête de liste à un homme.
Une loi sur la parité crée des tensions dans les élections municipales du Doubs

Sarah Vionnet, maire de Myon dans le Doubs, se trouve confrontée à un dilemme inattendu alors qu'elle prépare sa réélection. En vertu d'une législation visant à garantir l'équité entre les sexes, elle doit céder la tête de liste à un homme, une situation qu'elle juge « ubuesque ».

Âgée de 48 ans et sans affiliation politique, Mme Vionnet dirige une commune de 185 habitants, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Besançon. En remplissant un formulaire destiné à la préfecture, elle a découvert qu'elle était contrainte de placer un homme en tête de liste pour respecter l'alternance imposée par la loi. « J’ai sept hommes et six femmes dans ma liste », a-t-elle expliqué à l'Agence France-Presse.

Cette loi, mise en place le 21 mai 2025, s'applique aux communes de moins de 1 000 habitants, représentant ainsi 70 % des communes françaises. Actuellement, seulement 37,6 % des sièges municipaux dans ces communes sont occupés par des femmes, un chiffre jugé insuffisant par de nombreux acteurs politiques.

« Sur le principe, ça me dérange »

Mme Vionnet, cependant, regrette profondément que son nom ne figure pas comme tête de liste. Elle souligne que, dans un village aussi petit, les habitants sont bien au fait de son intention de se représenter. « C’est finalement un non-sens d’avoir à céder cette position », a-t-elle ajouté. « Sur le principe, ça me dérange », réitère-t-elle.

Néanmoins, elle ne s'inquiète pas pour son avenir en tant que maire, car le conseil municipal élit le maire lors de sa première réunion post-élections. « Je parviendrai à obtenir ce poste, mais symboliquement, cela ne me satisfait pas », a-t-elle déclaré.

Elle se montre également préoccupée pour les futures candidates, estimant qu'elles pourraient se voir privées de la possibilité de s'afficher comme tête de liste, ce qui pourrait décourager les femmes de s'engager en politique. Cette question, qu'elle a portée à l'attention du sénateur du Doubs, Jean-François Longeot, soulève des interrogations sur l'applicabilité et l'équité des lois sur la parité dans des contextes locaux spécifiques.

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