La France s'apprête à engager des discussions avec ses partenaires européens pour modifier les règles relatives à l'indemnisation chômage pour les travailleurs frontaliers. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, se rend à Chypre le 12 février pour tenter de rallier ses homologues autour de cette problématique cruciale.
Actuellement, selon une directive de l'Union européenne, les chômeurs sont indemnisés par le pays où ils résident. Dans ce cadre, cela concerne les Français employés en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg, qui bénéficient d'indemnités versées par France Travail lorsqu'ils se retrouvent sans emploi.
Des indemnisations de salaires bien plus élevées
Cependant, cette directive a un coût élevé pour la France, qui perd chaque année près de 800 millions d'euros. La raison principale : les indemnités versées aux chômeurs sont basées sur leurs salaires perçus à l'étranger, souvent beaucoup plus élevés que ceux du marché français. En moyenne, en 2023, les chômeurs ayant travaillé en Suisse reçoivent 2 600 euros par mois, contre seulement 1 200 euros pour ceux ayant travaillé en France, soit près du double.
L'espoir d'un changement de règlementation
Pour modifier cette règlementation européenne, un vote favorable de la majorité des pays membres est nécessaire. Or, de nombreux États limitrophes n'ont pas réellement intérêt à voir ces règles évoluer. Néanmoins, le gouvernement français, depuis plusieurs années, mise sur une révision du système. Jean-Pierre Farandou nourrit l'espoir de pouvoir faire avancer ce dossier, notamment parce que la France a besoin de réduire ses dépenses publiques.
Une source au sein du gouvernement a déclaré : "Les coûts liés à ces indemnités nous pèsent lourdement, et il est essentiel de trouver une solution harmonieuse avec nos partenaires européens." Ce changement pourrait ainsi représenter un pas significatif vers une meilleure gestion des finances publiques, tout en relançant le débat sur l'équité des indemnisations entre travailleurs nationaux et frontaliers.







