Tout laisse à penser que Paris n'est pas représentatif de la France. Alors que le RN, mené par Thierry Mariani, peine dans la capitale avec un score de 1,6 %, le reste du pays témoigne d'un renforcement notable de ses bases électorales. En effet, à l'issue du premier tour des municipales, le parti parvient à s'imposer dans plus de 60 communes, contre seulement 11 lors de l'élection précédente.
Parmi les victoires les plus notables, Steeve Briois conserve son siège à Hénin-Beaumont avec un impressionnant 77,7 %. À Perpignan, Louis Aliot remporte également l'élection avec 50,6 %, tandis qu'une surprise frappe Cagnes-sur-Mer où le jeune député Bryan Masson, à 29 ans, prend le devant sur le maire sortant, Louis Nègre.
Le Rassemblement national voit ses couleurs se propager sur la Côte d'Azur. Éric Ciotti, leader de l'UDR, se distingue à Nice avec 43,43 % des voix, promettant ainsi une potentielle victoire de son alliance avec le RN. À Menton, Alexandra Masson espère également s'imposer face à ses concurrents dispersés.
Marseille, Toulon, Nîmes : des villes susceptibles de basculer ?
À Toulon, Laure Lavalette, avec 42 %, devance la maire sortante Josée Massi (29,5 %) et pourrait ainsi marquer l’expansion du RN. Agde voit également son député Aurélien Lopez-Liguori atteindre 38,4 % des voix, maintenant le RN dans les instances décisionnelles. À Carcassonne, Christophe Barthès arrive en tête avec 34,5 % et, toujours plus au sud, Nîmes fait parler d’elle avec Julien Sanchez, proche de Bardella, qui s’illustre avec 30,4 %.
La couronne marseillaise pourrait également changer de mains : Franck Allisio, crédité de 35 %, pourrait remplacer Benoît Payan, le maire socialiste sortant.
Un paysage un peu plus en faveur du RN dans l’Ouest
Dans le Nord, le Rassemblement national maintient des positions solides, assurant la conservation de Bruay-la-Buissière et Marles-les-Mines. À Lens, bien que le socialiste Sylvain Robert soit réélu, Bruno Clavet réalise un score impressionnant de 46,5 %, un signe d'une montée du RN. À l’Est, Fabien Engelmann est réélu avec un score stratosphérique de 73 %.
Cependant, le RN peine encore à percer dans l'Ouest. À Lorient, par exemple, le score du parti a doublé par rapport à 2016, atteignant 15,8 % des voix. Ce résultat est tout de même perçu comme un progrès.
Les grandes villes, un défi à surmonter
Le Rassemblement national est dynamique dans le Sud-Est et le Nord, mais il fait face à des obstacles dans les zones urbaines. Paris est un échec retentissant, et le parti est en difficulté à Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Montpellier. À Lille, même si un léger progrès a été constaté, le RN ne parvient qu’à 10,9 % et termine cinquième.
Un membre éminent du RN souligne : « Nous ne parviendrons pas à gagner l'élection présidentielle si nous n'améliorons pas notre implantation dans les grandes villes. »
En vue du second tour, le RN prévoit de maintenir ses candidats dans la majorité des situations. À l'approche des élections sénatoriales, le parti compte maximiser son impact local, malgré certaines résistances au sein de l'échiquier politique. Il est clair que la volonté d’ancrage est présente. La stratégie serait de porter plus de conseillers municipaux au sein des municipalités, malgré les critiques venant de la droite traditionnelle. Un cadre du RN a déclaré : « Comment pourrait-on nous reprocher de ne pas avoir d'ancrage local tout en cherchant à obtenir le maximum de conseillers municipaux ? »







