Avec plus de 700 mineures identifiées comme victimes de prostitution en 2025, la France observe une augmentation préoccupante par rapport aux années précédentes. Cette statistique, révélée par l'Observatoire national des violences faites aux femmes, souligne une hausse de 43 % en seulement quatre ans, affectant notamment 94 % des jeunes filles victimes.
Selon une analyse de Franceinfo, la majorité des victimes sont très jeunes et se trouvent dans des situations de vulnérabilité extrême. Aurore Bergé, la ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes, a déclaré : "Ces jeunes, souvent en détresse, voient leurs corps monétisés et exploités à outrance."
Plus précisément, parmi les victimes recensées, 416 jeunes ont été reconnues comme victimes de proxénétisme tandis que 288 d'entre elles ont été directement liées à des actes de prostitution. L'ampleur du phénomène est alarmante, avec une estimation de 40 000 personnes se trouvant dans des situations similaires à travers le pays.
Le numérique, nouvel outil des réseaux d’exploitation
Une part significative de cette augmentation peut être attribuée à l'évolution des méthodes de recrutement. D'après un rapport de l'association l'Amicale du Nid, 86 % des jeunes accompagnées ont été mises en lien avec des clients via des plateformes numériques comme Snapchat et d'autres sites spécialisés, exacerbant ainsi la situation malgré les efforts du plan Taquet de 2021 et la stratégie datant de 2024.
Ces efforts gouvernementaux se heurtent à la réalité d'un phénomène qui se renforce dans l'ombre du numérique, alors que la lutte contre la prostitution peine à s'adapter aux nouvelles technologies. Les mesures n'ont pas encore réussi à freiner cette tendance inquiétante, laissant de nombreux acteurs, comme les associations et les autorités, face aux défis grandissants de ce fléau social.







