Pour la première fois en France, une action en justice collective est envisagée contre Novo Nordisk, le fabricant de l’Ozempic. Pierre Debuisson, avocat spécialisé dans les actions collectives, représente une trentaine de patients signalant des effets secondaires graves, tels que la perte de vision, des AVC, et même des décès. Ce médicament, initialement prescrit pour le diabète, est de plus en plus détourné pour la perte de poids.
L'avocat toulousain a expliqué à La Dépêche que les personnes qu'il défend, ayant subi des préjudices allant de modérés à sévères, ont un point commun : leur consommation d’Ozempic. De nombreux cas de neuropathie optique ischémique antérieure, un trouble provoquant une perte soudaine de la vision, ont été identifiés. "C'est un effet secondaire particulièrement préoccupant", a-t-il ajouté. Cette complication n'a pas été mise en avant sur les notices, malgré les alertes de l’Agence européenne du médicament.
La Dépêche : Quels autres effets secondaires graves mentionnez-vous ?
D'autres effets indésirables graves incluent des AVC et des complications pancréatiques, sans oublier les décès survenus chez des patients relativement jeunes, vers la cinquantaine. L'échelle de gravité ici dépasse largement les nausées habituelles.
Vous dénoncez également la banalisation de l’utilisation de l’Ozempic pour perdre du poids ?
Effectivement, cette tendance alarmante transforme un médicament prescrit en un produit de consommation courante. De plus en plus de personnes, influencées par les réseaux sociaux, consomment Ozempic pour des raisons esthétiques, souvent sans être conscientes des risques qu'elles encourent. Pendant ce temps, Novo Nordisk continue de profiter de cette forte demande.
Sur quelles bases juridiques repose votre action ?
Nous évoquons un manquement à l'obligation d'informer et une absence de consentement éclairé des patients. Nous nous dirigeons vers une plainte pour tromperie aggravée, mais aussi pour blessures involontaires et homicides involontaires. L'objectif principal : prévenir de futurs dommages, obtenir une juste compensation pour les victimes, et éveiller les consciences au niveau politique.
L'affaire Ozempic n'est pas un cas isolé, elle illustre une tendance où les médicaments sont commercialisés à des fins esthétiques au détriment de la santé publique. Nous naviguons ici dans un système où la santé des patients est sacrifiée sur l’autel du capitalisme outrancier, une réalité qui doit alerter tout un chacun.







