Le 13 avril, le tribunal correctionnel de Paris a rendu un verdict historique en condamnant la société Lafarge, aujourd'hui intégrée au groupe suisse Holcim, à une amende de 5,7 millions d'euros pour son rôle dans le financement d'organisations terroristes en Syrie entre 2013 et 2014. Parmi les condamnés figure Bruno Lafont, ancien PDG de l’entreprise, qui a écopé de six ans d’emprisonnement avec incarcération immédiate, un événement souligné par Le Temps.
En plus de l'amende principale de 1,125 million d'euros, Lafarge devra payer 4,57 millions d'euros en amende douanière, ce qui porte le total à 5,7 millions d'euros à régler, de manière conjointe, avec plusieurs anciens dirigeants. Les avocats de Lafont ont d'ores et déjà annoncé leur intention de faire appel.
La 16e chambre correctionnelle, présidée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, a démontré que Lafarge, par l'entremise de sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS), a effectué des paiements à trois entités djihadistes, dont l'État islamique, s'élevant à presque 5,6 millions d'euros. Ces fonds ont été destinés à assurer le bon fonctionnement de son site situé à Jalabiya, au nord de la Syrie.
“Partenariat commercial” avec l’EI
La juge a qualifié ce processus de “véritable partenariat commercial avec l’État islamique”, qui a permis à ce dernier de “acquérir du matériel nécessaire pour maintenir ses activités terroristes”, tout en permettant à Lafarge de “vendre son ciment à des prix compétitifs en évitant la concurrence”, selon Bloomberg.
Paul Ackermann, correspondant à Paris pour Le Temps, a signalé que Lafarge devra également publier un communiqué dans les médias compte tenu de l'ampleur des sommes impliquées et de la gravité des actes qui portent atteinte aux 'intérêts fondamentaux de la nation'.







