À travers les pages de son dernier ouvrage, Tendre Maroc, Emmanuelle de Boysson nous entraîne dans un voyage empreint de douceur et de nostalgie, tissant un récit entre roman et autofiction. L'auteure évoque avec tendresse ses sept années passées au Maroc durant son enfance, évoquant des souvenirs qui, bien que anciens, restent vibrants et évocateurs.
En plongeant dans son passé familial, Boysson met en lumière une époque marquée par l'innocence de l'enfance. Elle se remémore avec joie les vastes jardins agrémentés d'orangers et le parfum enivrant des essences qui l'entouraient. Toutefois, le récit n'est pas exempt de mélancolie, car derrière les rires se cache une quête d'affection maternelle. Sa mère, trop occupée à remplir les obligations de son statut, se dévoue aux autres, laissant parfois Emmanuelle se sentir un peu délaissée.
Le Maroc, dressé en toile de fond, apparaît comme un personnage à part entière, façonnant l'identité d'Emma. Les randonnées périlleuses dans l'Atlas, les chansons de chanteurs emblématiques comme Dalida et France Gall, et le retour anticipé à Mulhouse auprès de sa cousine Camille s'entrelacent harmonieusement dans son récit. C'est une époque où les influences françaises et marocaines s'entrelacent, créant un environnement riche et contrasté.
Le Sud-Ouest souligne que Boysson réussit à capturer l'essence d'un Maroc post-protectorat, dépeignant les tensions sociales et les privilèges souvent inconscients de l'élite locale. La finesse de l'écriture d'Emmanuelle permet d'explorer ces nuances avec un regard à la fois critique et empathique.
Tendre Maroc, d’Emmanuelle de Boysson, Éd. Calmann Lévy, 200 p., 18,50 €, ebook 13,99 €.







