Une plainte a été déposée contre l'équipe de Cash Investigation, accusée de ne pas avoir dénoncé des cas de mauvais traitements dans le cadre d'une émission consacrée au périscolaire parisien. Cette information, relayée par l'AFP, a été confirmée par les avocats d'une famille touchée par ces événements.
Les producteurs de l'émission, Premières Lignes, ainsi que la présentatrice Elise Lucet, ont fermement rejeté ces accusations qu'ils qualifient d'"inexactes et mensongères". Ils défendent la diffusion de l'émission, diffusée le 29 janvier, comme étant un acte de service public.
La plainte cible également Claire Tesson, la réalisatrice, et plusieurs autres membres de l'équipe de production. Les avocats, du cabinet Joshua et représentés par Me Julien Roelens, affirment avoir été mandatés par les parents d'un enfant victime de violences répétées de la part d'animateurs périscolaires à l'école maternelle Saint-Dominique, dans le septième arrondissement de Paris.
D'après les informations fournies par Me Roelens, à partir du printemps 2025, la journaliste aurait utilisé une caméra cachée pour filmer des abus physiques et psychologiques, ainsi que des agressions sexuelles sur des enfants âgés de trois à cinq ans. Ces images, extraites de 27 heures de rushes, auraient été gardées secrètes pendant neuf mois, sans signalement aux autorités compétentes, ce qui a provoqué l'indignation des avocats, qui soulignent que la diffusion a conduit à une suspension immédiate des personnels impliqués.
En réponse, Cash Investigation précise qu'à partir du 7 mai 2025, les autorités étaient déjà informées des suspicions portant sur un animateur, avec des mesures prises par la CASPE, soulignant que leur journaliste n'a pas été témoin direct des faits reprochés. "Il est donc faux d’évoquer une dissimulation", estiment-ils.
L'émission défend également sa position sur les accusations de scénarios de privation, en affirmant que les actes filmés, tels qu'un "baiser sur la bouche" donné à un enfant, n'ont pas été réalisés dans un contexte pénal. Ils ajoutent avoir tenté de joindre la mairie de Paris plusieurs fois pour obtenir des retours.
Cette affaire fait écho à une crise plus large dans le secteur périscolaire parisien. Selon des rapports récents, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de Paris, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a reconnu aux médias le caractère "systémique" des violences, comprenant ainsi la "colère légitime" des familles concernées. Ce climat de méfiance soulève des questions cruciales sur la sécurité et la protection des enfants dans les établissements scolaires.







