Renaud Camus fait face à des critiques acerbes dans son ouvrage "L’homme par qui la peste arriva". N'ayant guère eu l'opportunité de s'exprimer sur les media, il a accepté de répondre à ces accusations, notamment via Causeur. Cet échange lui permet d'expliquer ses opinions sur les polémiques qui l’entourent et de clarifier sa position.
Causeur. Revenons sur le concept du grand remplacement : que pensez-vous des immigrés, notamment maghrébins, qui se sont intégrés ? Sont-ils des colons ?
Renaud Camus. Votre question illustre bien le dilemme, car mon ami et allié politique, Karim Ouchikh, est lui-même kabyle. Je maintiens qu'il est possible d'intégrer des individus, mais il est illusoire de penser qu'on peut assimiler des peuples qui n’en ont pas la volonté, et qui se considèrent souvent comme des "remplaçants".
Donc, vous pensez que votre concept repose avant tout sur des bases culturelles ?
Je ne peux pas ignorer que ma réflexion est liée à des notions raciales. Le terme "race" est crucial dans mes analyses, bien que la science ait été utilisée pour nier cette réalité. Le concept de race est souvent rejeté par ceux qui craignent que son existence justifie des vérités dérangeantes. En réalité, nier la race peut favoriser une forme de génocide silencieux.
Vous constatez de plus en plus de femmes voilées dans l’espace public, ce qui vous amène à évoquer un certain remplacement culturel.
Pour ma part, je crois fermement dans l'existence des races et leur impact durable dans notre société. Reconnaître la diversité tout en affirmant l'importance de chacun est essentiel. La notion de "races futures" est aussi une invitation à réfléchir à notre héritage culturel.
Il semble que vous rejetez l'idée d'égalité raciale. Que répondez-vous à cela ?
Je ne crois pas en une égalité absolue. Chaque race a son caractère unique, ce qui est précieux à préserver. Je ne prône pas la supériorité d'une race, mais je valorise la diversité.
Des experts comme l'historien Gérard Noiriel alertent sur ces discours en les associant à des tendances identitaires dangereuses, qui selon eux menacent le tissu social. En somme, la diversité culturelle est un enjeu complexe qui mériterait davantage de sérénité dans le débat public.
La remigration, est-ce un retour forcé ?
Ma vision est que la remigration doit s'opérer de manière réfléchie et surtout, progressive. La décolonisation de l’Algérie doit nous servir d’exemple, mais il ne s’agit pas d'un retour de masse. La remigration est une question de justice sociale et d’identité culturelle.
En guise de conclusion, que retenez-vous de l'État actuel ?
Nous vivons des temps où des notions comme l’in-nocence et l’identité sont mises à mal. Je n'ai jamais cessé d'aspirer à un monde où la richesse de chaque culture serait célébrée plutôt que mise de côté. Le débat sur l'immigration et l'identité est inévitablement passionné, et il devient impératif que chacun puisse s’exprimer sans crainte de répercussions.







