Le président Donald Trump a évoqué des échanges jugés "très positifs" avec l'Iran, tout en lançant une opération prévue à partir de lundi pour libérer des navires immobilisés depuis deux mois dans le Golfe, suscitant ainsi une réaction ferme de Téhéran.
Le ton de Trump a changé radicalement. En dépit des hostilités déclenchées le 28 février dernier en collaboration avec Israël, il a qualifié ce dimanche d' "acte humanitaire" sa démarche en faveur des marins piégés par le blocus du détroit d'Ormuz, tout en saluant le dialogue entamé via le Pakistan.
Ce lundi, la marine américaine escortera des navires de pays étrangers à travers le détroit d'Ormuz, comme l'a annoncé Trump sur sa plateforme Truth Social. Cependant, il a précisé qu'une intervention par la force serait envisageable en cas d'agression de l'Iran, selon ses mots. L'opération, nommée "Projet Liberté", mobilisera des destroyers lance-missiles, plus de cent aéronefs et 15 000 soldats, comme l'a confirmé le commandement militaire américain, Centcom.
L’Iran y voit une violation du cessez-le-feu
Cette initiative ne passe pas inaperçue à Téhéran, qui la considère comme une rupture du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. Ebrahim Azizi, président de la commission parlementaire iranienne de la sécurité nationale, a affirmé sur le réseau X que "toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera perçue comme une violation de la trêve".
Depuis le début des hostilités, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, route essentielle à la circulation d'un cinquième du pétrole mondial. Cette décision a entraîné une riposte de Washington, qui a également bloqué certains ports iraniens. Le résultat a été une flambée des prix pétroliers, atteignant des sommet inégalés depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Les cours ont légèrement baissé au début des échanges en Asie, avec le baril de Brent à environ 107 dollars.
Selon AXSMarine, le 29 avril, 913 navires commerciaux se trouvaient dans le Golfe, incluant 270 pétroliers. Environ 20 000 marins pourraient être affectés par cette crise, selon un responsable de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Trump souligne l’aspect humanitaire
Trump a précisé que de nombreux navires subissaient un manque de ressources essentielles, ce qui empêchait les équipages de rester à bord dans de bonnes conditions. Par ailleurs, son administration avait mis en garde les navires prêts à payer des taxes à Téhéran pour passer par le détroit, les exposant à des sanctions.
Au fil du conflit, des milliers de vies ont été perdues, principalement en Iran et au Liban. Téhéran a imposé des droits de passage au détroit et a proféré des menaces, allant jusqu'à la possibilité de couler des navires de guerre américains. Un conseiller militaire a qualifié Washington de "pirate" et a affirme que leur présence militaire ne serait pas tolérée.
La situation reste tendue. Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, ni l'un ni l'autre des pays n'ont réussi à dénouer la crise, héritée des frappes israélo-américaines et des représailles iraniennes consécutives.







